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Samuel Kpoti, pasteur de l’Église Protestante Unie de Périgueux

Arrivé à Périgueux à l’été 2025 avec sa famille, le Pasteur Samuel Komla-KPOTI, originaire du Togo, partage son parcours, sa vocation et ses projets au service de la communauté protestante locale. Dans cette interview, il revient sur son itinéraire missionnaire, sur ses premiers contacts avec les paroissiens, ainsi que sur son engagement œcuménique et ses perspectives pour la paroisse de Périgueux et le Nord Dordogne.

Église en Périgord : Pouvez-vous vous présenter ?
Pasteur Samuel KPOTI : Je m’appelle Samuel Komla-KPOTI, je suis togolais, marié et père de deux enfants. Mon épouse est également pasteure, mais c’est moi qui exerce à Périgueux. Nous venons tous les deux de l’Église évangélique presbytérienne du Togo.

En 2007, j’ai été envoyé à Rome, auprès de la communauté francophone protestante de l’Église évangélique vaudoise. Là-bas, ma mission consistait à accompagner les membres de la paroisse tout en aidant les personnes de passage, demandeurs d’asile ou francophones nouvellement arrivés. J’y ai servi jusqu’en 2013, envoyé par la CEVAA (Communauté d’Églises dans l’Action Apostolique), un regroupement de plus de quarante Églises à travers le monde.

À la fin de ma mission, des amis en France m’ont invité à rejoindre la paroisse du pays de Montbéliard (Franche-Comté), où j’ai exercé jusqu’en 2020. Ensuite, j’ai travaillé quatre ans à Lyon Est sur un projet d’accueil de la diversité dans un quartier majoritairement musulman. Puis j’ai accompagné pendant un an une paroisse en Ardèche avant d’être appelé à Périgueux.

EeP : Connaissiez-vous le Périgord avant votre arrivée ?
Pasteur Samuel KPOTI : Non, je ne connaissais pas le Périgord avant. Au national, on m’a dit qu’il y avait une grande paroisse à Périgueux où la présence d’un pasteur était nécessaire. C’est ainsi que nous avons entrepris ce déménagement.

EeP : Un changement important pour votre famille ?
Pasteur Samuel KPOTI : Oui, ce fut un vrai challenge, pour ma famille comme pour moi. Passer du Nord-Est au Sud-Ouest n’a pas été simple, mais c’est notre vocation : répondre là où l’on nous appelle. Et bien sûr, accueillir du changement demande du temps, pour nous comme pour la paroisse.

EeP : Quels ont été vos premiers contacts ici ?
Pasteur Samuel KPOTI : Nous sommes arrivés le 16 juillet 2025. Après un mois de pause, j’ai commencé mon ministère début septembre. Mes premiers pas ont été avec les membres du Conseil presbytéral pour écouter, comprendre et connaître les enjeux de la paroisse.

Dans ma mission, j’ai aussi rencontré plusieurs acteurs catholiques de Périgueux : les pères Bruno de Béru et Christian Dutreuilh, ainsi que le père Albert Pham Khanh Chanh à l’Abbaye de Chancelade. J’ai sollicité leur accueil pour une réunion du Conseil — ils ont été très ouverts. J’ai aussi de très bons contacts avec le vicaire général, le père Thierry Niquot.

EeP : Vous avez participé au Jubilé de la Fraternité à Trélissac, le 15 novembre…
Pasteur Samuel KPOTI : Oui, et cela m’a beaucoup touché. La fraternité est essentielle : nous sommes tous appelés à vivre ensemble, en communion. J’ai particulièrement apprécié les témoignages sur les engagements dans les prisons, les hôpitaux, auprès des demandeurs d’asile et des personnes seules. Cela montre la vitalité des Églises dans leur action sociale et spirituelle.

Comme le disait Georges Casalis, « les idées justes ne tombent pas du ciel » : elles doivent être mises en pratique, et cela passe par l’acceptation de l’autre.

EeP : Quels sont vos projets avec le Conseil presbytéral de votre paroisse ?
Pasteur Samuel KPOTI : Quand on m’a demandé mes projets, j’ai répondu que je n’en avais pas à mon arrivée — je ne connaissais encore personne ici. Le premier objectif exprimé par le Conseil a été de renforcer les liens œcuméniques. C’est une conviction forte : vivre ensemble, montrer que chrétiens de différentes traditions peuvent collaborer.

Nous réfléchissons aussi à la présence protestante dans les aumôneries, notamment à l’hôpital de Périgueux, en lien avec l’aumônier catholique Véronique Gorioux. L’idée est d’étudier comment mettre en place une aumônerie protestante, tout en travaillant étroitement avec nos frères et sœurs catholiques.

Nous envisageons aussi de lancer une étude auprès des paroissiens pour mieux comprendre leurs besoins et orienter nos actions. Cette démarche ne peut se faire seul : elle demande des compétences de divers horizons, y compris celles des communautés catholique et évangélique.

EeP : Du 18 au 25 janvier, les chrétiens du monde entier étaient invités à prier pour l’unité. Pourquoi cela est-il important ?
Pasteur Samuel KPOTI : L’œcuménisme n’est pas un choix accessoire, c’est au cœur de notre vie d’Église. Ce n’est pas seulement une activité de la semaine de prière : c’est une réalité quotidienne. Nous devons vivre ensemble, avec notre diversité, pour montrer que l’unité n’est pas uniformité, mais richesse.

J’ai souligné cela lors de l’ouverture de la semaine à l’Abbaye de Chancelade, autour du verset de Jean 17 : « afin qu’ils soient parfaitement un ». L’unité des chrétiens est une vocation profonde : nous avons la même espérance, la vie éternelle, et nous ne pouvons prétendre atteindre cela isolément.

L’œcuménisme est un appel constant : il enrichit nos traditions, nous aide à comprendre notre histoire et à partager nos témoignages, ensemble.

Pour le Pasteur Samuel KPOTI, la mission chrétienne ne peut se concevoir que dans l’ouverture aux autres, dans l’écoute et dans l’engagement commun. L’unité des chrétiens n’est pas un slogan, mais un chemin à vivre chaque jour, dans le dialogue, la fraternité et la coopération.

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