Prieuré Saint Jean Baptiste d'Echourgnac
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Rencontre au prieuré Saint-Jean Baptiste d’Échourgnac

La route qui mène à Echourgnac à travers la forêt de la Double constellée de petits étangs est belle en toutes saisons. Je l’emprunte depuis des années avec bonheur car elle me conduit à l’Abbaye Cistercienne Notre- Dame de Bonne Espérance où j’aime prendre un bain de solitude.

J’ignorais presque tout du Prieuré Saint Jean-Baptiste, où vivent, non loin de là, une dizaine de frères bénédictins. Il faut dire qu’ils ne font rien pour signaler leur présence ; juste un petit panneau de bois difficile à repérer « quelque part à la sortie du village » me dit-on.

Ce jour- là, c’est cette petite communauté que je désire rencontrer. Le monastère est une ancienne ferme composée de plusieurs bâtiments modestes au bout d’un chemin qui s’ouvre sur la campagne à deux pas de la forêt.

Le père Guy, prieur du Prieuré Saint Jean Baptiste

Le Père Guy m’attend devant l’accueil, soutane noire, regard lumineux, main tendue et mots aimables ; tout ici respire la simplicité. Il m’invite à prendre un café et m’offre sans plus tarder l’histoire de ce prieuré, liée à la grande histoire des abbayes bénédictines.

Depuis des siècles, les moines bénédictins vivent selon la Règle de Saint Benoît, si exigeante qu’elle ne peut être suivie par des personnes de trop petite santé, fragilisées physiquement ou psychologiquement. Leur refuser la voie monastique est toujours une décision difficile à prendre.

En 1966, un moine bénédictin, touché par cette situation, a l’intuition et le désir de créer un lieu où l’observance de la Règle serait adaptée aux plus fragiles, qui auraient suivi le même cursus de formation que les autres moines. C’est la naissance de la congrégation Notre-Dame d’Espérance, rameau bénédictin, dont le projet de vie est d’offrir la vie monastique au cœur de la fragilité.

Il y a actuellement sept lieux qui répondent à la même vocation, dont le Prieuré Saint Jean-Baptiste d’Echourgnac fondé en 1969. Aujourd’hui, neuf moines y vivent, la plupart avec une fragilité qui peut être accompagnée par un médecin, une infirmière psychiatrique ou le centre hospitalier de Vauclaire à Montpont.
Ils sont en lien fraternel avec leurs sœurs cisterciennes de l’Abbaye Notre-Dame de Bonne Espérance où le Père Guy célèbre la messe une fois par semaine.

Le Père me fait part des projets d’amélioration de l’hôtellerie pour s’ouvrir un peu plus au monde extérieur et m’annonce avec une joie réelle, la construction d’un clocher d’où pourront s’envoler les cloches dans la forêt de la Double.

Avant mon départ, il m’invite à rendre visite à la petite chapelle et à découvrir l’environnement extérieur : une petite cour où trône un magnolia immense, un poulailler, le hangar où se célèbre chaque année la Saint Jean- Baptiste, un petit tracteur, des près, et la forêt proche où le regard s’éloigne avec douceur. Tout y est paisible et simple et me ramène à d’autres lieux visités, où vécurent Charles de Foucault, François d’Assise et autres chercheurs de la dernière place. Ici, tout me rappelle que Dieu nous aime dans nos fragilités et que « la force de Dieu se déploie dans nos faiblesses ».

Je quitte le Prieuré au soleil rasant qui magnifie la lumière des étangs à travers les arbres désordonnés et sombres et j’y vois une image de notre société tourmentée, transcendée par des îlots de lumière tels que les deux communautés de la Double.

Souvent, c’est avec poésie que la vérité nous touche.

Danièle Gatti

Etang de la Double

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