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Quentin Rolland, entrepreneur et dirigeant chrétien

Chaque année, les Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens organisent des assises : nationales les années paires, régionales les années impaires. Les assises nationales des EDC sont un rendez-vous unique qui réunit 3 000 dirigeants chrétiens de toute la France pour réfléchir, prier et s’engager ensemble. C’est un moment fort de fraternité et de ressourcement, qui donne aux dirigeants l’élan pour transformer leur entreprise engagée pour le monde de demain. L’édition 2026, du 13 au 15 mars à Lyon, marquera les 100 ans du mouvement dans un territoire emblématique pour les dirigeants chrétiens, avec une ambition forte : vivre en responsabilité, vivre en vérité et vivre en grand. Les équipes d’organisation sont d’ores et déjà mobilisées pour offrir des assises exceptionnelles. Quentin Rolland, responsable de l’équipe de Périgueux a accepté de répondre à nos questions.

Église en Périgord : qu’est-ce que le mouvement des Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens (EDC)?

Quentin ROLLAND : c’est un mouvement national, qui compte, je crois, à peu près 3700 membres, qui est organisé par régions, et par départements. Pour le département de la Dordogne, il existe trois équipes, une à Périgueux, une à Sarlat et une à Bergerac. Nous organisons des évènements départementaux où l’on peut se rencontrer entre équipes par exemple, lors de retraites. Il y a également des événements plus large comme les assises régionales qui alternent tous les 2 ans avec des assises nationales. Sur le plan régional on peut retrouver, entre autres, des formations, qui sont faites sur Bordeaux. Il existe aussi à Paris un centre de formation, national, celui-là. On adhère au mouvement à l’année et toute la partie formation est dispensée de manière gratuite.


EeP : Pourquoi ce mouvement ? Quel est l’intérêt d’y adhérer ?

Quentin ROLLAND : Je pense déjà qu’aujourd’hui ce n’est pas forcément évident de trouver sa place dans la société en tant que chrétien. Aujourd’hui, on se pose des questions dans le cadre de l’entrepreneuriat, lors de nos rencontre on aborde des sujets d’actualité comme, par exemple, le principe de subsidiarité, le bien commun ou même l’écologie…
 Le dirigeant chrétien a toute sa place dans la société actuelle. On voit aussi qu’il y a beaucoup de personnes, notamment parmi les chefs d’entreprises, qui sont en manque de spiritualité et qui se posent pas mal de questions par rapport à cela.

Les EDC est fait aussi pour apporter des réponses à ces questionnements. On s’interroge, en tant que chrétien, sur comment mener son entreprise, comment manager ses employés, comment se comporter devant le contexte économique avec les fournisseurs, les clients, etc… 


Le chef d’entreprise peut aussi se sentir un peu moins seul, parce qu’il est un peu isolé, forcément. Et, comme dans tous les groupes professionnels ou réseaux d’affaires, cela fait rencontrer du monde et nous aide à sortir de la solitude. Les réunions d’équipe se déroulent une fois par mois, cela fait pas mal de rencontres, c’est sûr.

EeP : il y a un déroulement particulier dans le cadre de vos rencontres ?


Quentin ROLLAND : Oui, elles commencent toujours par un temps de prière. Après, tout dépend des équipes, nous, à Périgueux, les réunions se font le soir, et je crois qu’à Sarlat et à Bergerac c’est pareil. Après le temps de prière, on partage le repas puis on fait ce qu’on appelle un tour de table où chacun va évoquer dans le mois passé, de préférence dans le cadre professionnel, quelque chose qui lui est arrivé. Un moment où il a pu voir la présence du Christ ou alors des difficultés qu’il a pu rencontrer et qui l’ont amené à se poser des questions par rapport à sa vie de chrétien.
 C’est un moment où chacun parle, chacun son tour, sans qu’il y ait d’interruption. À la fin du tour de table, s’il reste encore un peu de temps, on peut revenir sur les interventions qui ont été faites, puis on aborde le thème de la rencontre.

Les thèmes sont définis à l’avance et sont préparés par un ou plusieurs membres qui les présentent. À l’issue de cette présentation, nous débattons. En général les documents liés au thème sont communiqués une semaine à l’avance, pour que chacun ait le temps quand même de se les approprier. C’est en général quelques pages, avec parfois des vidéos, rien de trop long.

EeP : Depuis combien de temps votre équipe existe ?

Quentin ROLLAND : Celle de Périgueux cela doit faire un petit moment, je dirais 10 ou 12 ans, quelque chose comme ça. Ce n’est pas tout nouveau, je ne l’ai rejointe que l’année dernière. C’est une équipe qui est un peu ancrée, même s’il y a du renouvellement.

EeP : En lisant des témoignages d’entrepreneurs et dirigeants chrétiens, on retrouve cette recherche d’unité intérieure dans leur existence de décideurs, c’est quelque chose que vous vivez ?


Quentin ROLLAND : Oui, c’est bien un des principes : être en cohérence avec soi-même, entre qui on est personnellement et qui on est professionnellement. C’est véritablement la seule manière, je pense, d’être épanoui en tant que dirigeant d’entreprise. D’ailleurs je crois que, pour beaucoup, c’est pour ça qu’on est entrepreneur, pouvoir être en phase dans notre milieu professionnel avec qui on est personnellement. Les EDC apportent aussi ça.

EeP : Vous nous avez dit que vous travaillez sur la pensée sociale chrétienne dans les différents documents qui vous sont proposés, cela reste un fil conducteur ?

Quentin ROLLAND : Oui c’est vraiment le principal fil conducteur aux EDC. Toutefois, les thèmes peuvent être variés. Certains vont être basés sur la spiritualité : on peut travailler, par exemple, sur les vertus cardinales de l’Église, ou, plus récemment, sur la Providence.

Parfois ce sont des thèmes assez pratiques, dans les prochains thèmes à venir, on a « comment faire un entretien individuel », mais d’un point de vue chrétien, avec toutes les notions qu’il y a derrière, notamment la pensée sociale chrétienne. Nous mettons en avant, dans ce cadre-là, le principe de subsidiarité, un des plus importants dans la pensée sociale chrétienne. On doit permettre à un collaborateur de pouvoir avoir le maximum de responsabilités, de prise de décision et d’indépendance. Même s’il est simple manœuvre, on doit pouvoir lui laisser la possibilité d’accomplir sa tâche avec les responsabilités qu’il est en mesure d’avoir, de manière à ce qu’il s’épanouisse au travail.
 Voilà un exemple des sujets auxquels nous réfléchissions.

EeP : Cette année, les EDC fêtent leurs 100 ans. C’est une vieille dame ?

Quentin ROLLAND : Non, non, je pense que c’est plus que jamais d’actualité. Déjà, je n’ai plus les chiffres en tête, mais je sais qu’il y a une grande proportion de jeunes dans les adhérents au mouvement. Ensuite, comme je l’ai dit, les sujets sont d’actualité, on entend beaucoup parler d’environnement, et de RSE revient (Responsabilité Sociétale des Entreprises).

Pour prendre le sujet de la RSE, on en entend beaucoup parler et on y est confronté. Il y a de plus en plus d’exigences par rapport à cela notamment pour les marchés publics. Si l’on regarde ce que c’était fondamentalement, c’est accorder plus d’importance à l’aspect social et à l’aspect environnemental de l’entreprise. Et, de ce point de vue-là, on pourrait dire que l’entrepreneuriats chrétien, c’est très axé RSE.
 Je crois qu’il faut accorder de l’importance au bien commun, à « pourquoi est-ce que notre entreprise fait ça ? », « de quelle manière vertueuse on peut faire notre travail ? ». Travailler par exemple avec différents fournisseurs de manière plus éthique. Un exemple de question : est-ce que l’argent que je touche, s’il ne vient pas forcément de quelque chose de super éthique mais que je l’investis dans quelque chose d’éthique, est-ce que c’est bien ou non ? Ce sont des questions très concrètes.

EeP : Pour ces 100 ans qui vont se dérouler je crois du 13 au 15 mars de cette année à Lyon, vous allez y participer ?
Quentin ROLLAND : Il y a des membres de l’équipe qui y vont. Ces assises ce déroulent autour d’un thème « Vis, crois et entreprends » que l’on a préparé là ces derniers mois, en 3 volets. On a fait « vivre en responsabilité », « vivre en grand » et « vivre en vérité », c’étaient les thèmes des derniers mois. Ce sont des moments forts, à chaque fois, ces assises nationales, avec des intervenants très intéressants ! Les dernières s’étaient déroulées à Bordeaux, il y a deux ans et l’année dernier les assises régionales étaient à Saint-Émilion.

EeP : Comment vous recrutez dans vos équipes ?

Quentin ROLLAND : On aimerait bien recruter un peu plus. Pour ma part, je n’ai récupéré la présidence qu’en septembre 2025, c’est récent. Je n’ai pas eu le temps de mettre tout ce que je voudrais en place, mais j’aimerais bien, dès la rentrée prochaine, essayer de recruter un petit peu et structurer.


Le recrutement peut se faire par « le bouche à oreille », avec des membres connaissent des personnes qui peuvent être intéressées. Mais on organise aussi, une fois par an, des rencontres que l’on appelle « Venez et Voyez », pour que les personnes puissent venir découvrir le mouvement. Elles sont ouvertes à tout le monde, alors que ce n’est pas le cas quand on fait des réunions. Ce n’est pas qu’on souhaite les fermer mais il y a quand même une notion de confiance parce qu’on va souvent, par exemple, livrer des choses qu’on ne livre pas ailleurs.

Donc les réunions « Venez et Voyez », sont ouvertes vraiment à tout le monde, ensuite on propose trois mois d’essai aux personnes intéressées, avant d’éventuellement adhérer, auquel cas on paie une cotisation annuelle.

Pour terminer, l’équipe de Bergerac va organiser une conférence, le 16 avril, je crois, sur les thèmes liés à l’intelligence artificielle, la conférence sera ouverte à tout le monde en visant un public assez large et derrière ils organisent une réunion « Venez et Voyez » pour essayer de recruter de nouveaux membres.


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