Cathédrale Saint-Front de Périgueux, le 23 mai 2026
Chers frères et sœurs,
Quelle joie, en ce jour de Pentecôte, de vous voir si nombreux rassemblés, venus de tout le diocèse, différents et pourtant unis dans un même souffle vivifiant, le souffle de l’Esprit Saint !
Et au cœur de cette joie, il y a un signe très fort :
ces adultes et ces jeunes qui vont être confirmés dans un instant.
Parmi eux, beaucoup ont été baptisés à Pâques.
Chers confirmands, nous rendons grâce au Seigneur pour vous et avec vous.
À travers vous, nous reconnaissons l’œuvre de l’Esprit Saint.
Que de merveilles sur chacun de vos chemins.
Que de surprises de l’Esprit Saint au cœur de vos vies,
Que de combats intérieurs aussi.
Les lettres que vous m’avez envoyées en témoignent.
Oui, c’est bien le Seigneur qui vous a conduits jusqu’ici.
Comme dans les Actes des Apôtres, où il est dit que le Seigneur “ajoutait chaque jour à la communauté ceux qui étaient sauvés”, nous voyons aujourd’hui que Dieu continue d’appeler, de toucher les cœurs, d’ouvrir des chemins.
L’Église n’est pas une réalité du passé.
Elle est vivante.
Mieux encore :
elle est toujours en train de naître.
Oui, frères et sœurs, même après 2000 ans,
l’Église ne cesse pas de renaître dans le souffle de l’Esprit Saint.
Elle renaît là où des hommes et des femmes font l’expérience de la rencontre de Jésus, le Ressuscité, le Vivant.
Elle renaît là où quelqu’un découvre que Jésus n’est pas un personnage du passé, mais une présence d’une actualité toujours brûlante.
“Celui que vous avez crucifié, Dieu l’a ressuscité”, proclame Pierre.
Et rien ne pourra arrêter cette annonce.
“Nous ne pouvons pas nous taire sur ce que nous avons vu et entendu.”
Frères et sœurs,
Marcher ensemble comme nous l’avons fait,
C’est faire l’expérience de l’Esprit Saint dans la rencontre des autres !
Souvent, sans même nous en rendre compte,
c’est en servant les autres
que quelque chose se libère en nous.
Les préjugés tombent.
Les peurs font place à la confiance.
Oui, c’est souvent dans le service,
dans une rencontre,
dans une parole reçue,
dans une main tendue,
que le Seigneur nous rejoint et nous manifeste sa présence.
Comme il est grand et délicat l’amour du Seigneur pour nous !
Il va chercher chacun là où il se trouve.
Dans les joies comme dans les épreuves.
Même là où quelqu’un s’est égaré.
Même là où le cœur est devenu fatigué, blessé,
Là où chacun a soif d’être aimé, d’être reconnu et d’être sauvé.
Frères et sœurs,
c’est cela, le cœur de notre foi :
le passage de la mort à la vie.
Les apôtres avaient connu l’échec, la peur, la déception.
Tout semblait fermé.
Les portes étaient même verrouillées.
Et pourtant, grâce à l’Esprit Saint, les verrous ont sauté.
Parce que Dieu est plus fort que nos échecs.
Parce que Dieu est plus fort que nos peurs.
Parce que Dieu est toujours du côté de la vie.
Et aujourd’hui encore,
l’Esprit Saint vient ouvrir les portes.
Il ouvre les portes verrouillées de nos cœurs.
Il ouvre les portes de l’Église,
pour qu’elle soit une maison sûre qui accueille,
une maison où chacun puisse trouver sa place,
et se désaltérer à la source d’eau vive qui jaillit du cœur du Christ.
Alors je voudrais vous poser simplement cette question :
Par votre humble témoignage de vie, voulez-vous aider l’Esprit Saint
à ouvrir les portes des cœurs ? [J’attends votre réponse ?]
Portés par l’Esprit Saint, devenons ces hommes et ces femmes
par lesquels tout homme, toute femme pourra entrer dans l’espérance,
en se découvrant aimé de Dieu d’un amour sans mesure.
Car cela est vrai aussi pour nous aujourd’hui.
Dans nos vies, il y a parfois des fatigues, des blessures, des découragements.
Dans notre Église aussi, il y a des fragilités, des moments difficiles.
Mais rien n’est jamais fini avec Dieu.
Tout, en lui, est tourné vers la vie.
Vers une vie plus forte que le mal et la mort : la vie éternelle !
Et cette vie nouvelle, nous la voyons déjà à l’œuvre.
Nous la voyons dans celles et ceux qui vont être confirmés.
Nous la voyons dans ceux qui cherchent, qui prient, qui espèrent.
Nous la voyons aussi, d’une manière particulière, chez les plus fragiles.
Les personnes malades, les personnes détenues, celles et ceux qui n’ont pas pu marcher
comme et avec les autres aujourd’hui…
Loin d’être mis à l’écart, ils sont là au cœur de notre démarche !
Ils nous rappellent que le Christ ressuscité se laisse rencontrer dans la faiblesse, dans la fragilité.
Et souvent, c’est en allant vers eux que nous faisons l’expérience d’un renouveau intérieur.
C’est dans ces rencontres que l’homme ancien laisse place à l’homme nouveau.
Frères et sœurs,
ce que nous voyons aujourd’hui, c’est l’œuvre de l’Esprit Saint.
Un Esprit qui ne cesse pas d’agir,
qui traverse les cultures,
qui rejoint chacun dans sa langue, dans son histoire.
Regardez autour de vous.
Quelle diversité et quelles différences de parcours, de sensibilités, d’origine sociale !
Et pourtant, une seule foi,
un seul Seigneur,
un seul Esprit.
C’est cela, la vraie beauté.
Une beauté qui dépasse celle de nos pierres, même les plus belles.
La beauté d’un peuple rassemblé,
où chacun est accueilli,
où chacun peut trouver sa place.
Une beauté qui est déjà une annonce du Royaume de Dieu.
Frères et sœurs,
la grâce immense de cette Pentecôte,
la grâce de cette confirmation que nous allons célébrer,
c’est aussi la grâce de notre envoi en mission !
Nous comprenons alors que nous ne sommes pas seulement dans une répétition du
passé.
C’est d’ailleurs toute la dynamique du processus mis en œuvre dans notre Eglise diocésaine et dans nos paroisses !
Un processus qui nous conduit à faire un état des lieux pour adapter la mission de notre Eglise aux attentes et aux besoins de celles et ceux vers qui l’Esprit Saint nous envoie.
Car, nous le croyons, dans le Christ, l’Esprit Saint fait toute chose nouvelle !
Oui, l’Esprit du Seigneur est sur nous pour nous transformer.
Transformer nos cœurs.
Transformer nos regards.
Transformer même nos échecs et nos déceptions
pour nous remettre en route à la suite du Seigneur Jésus.
Aujourd’hui, comme les Apôtres, nous sommes envoyés.
Non pas avec nos seules forces,
mais dans le souffle vivifiant de l’Esprit.
Il n’y a pas de mission sans grâce.
N’ayons pas peur.
Le Seigneur ne nous envoie jamais seuls.
Il fait de nous des serviteurs de sa grâce,
unis à Jésus-Christ,
appelés à marcher ensemble dans l’espérance.
Pour dire, simplement, par notre vie :
que la vie est plus forte que la mort,
que Dieu aime ce monde pour le sauver,
et témoigner ainsi de l’espérance à laquelle nous ouvre la résurrection de Jésus.
Frères et sœurs,
vous avez vu.
Vous avez entendu.
Vous avez reçu.
Alors, comme les apôtres,
n’ayez pas peur d’aller à la rencontre du monde dans lequel nous vivons !
Et que rien ni personne ne puisse vous empêcher
de témoigner de ce que Dieu fait dans votre vie.
Et maintenant, je vous invite à dire simplement
Dans le silence de votre cœur :
“Me voici, Seigneur.
Je suis disponible.
Envoie-moi.”
Car l’Esprit Saint est déjà à l’œuvre.
Il nous précède.
Il ouvre des chemins.
À nous d’entrer dans ce que Dieu nous a préparé,
Dans cette vie en abondance qu’il veut pour tous les hommes et les femmes de notre temps. À nous de coopérer avec lui dans l’abandon confiant en sa grâce. Amen.