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Notre mission auprès des « Zacchée »

Longtemps j’ai été fascinée par l’exotisme et l’héroïsme des missions au grand large. Pour avoir vécu dans une de ces terres de mission, j’ai une grande admiration pour tous ceux qui consacrent leur vie à porter l’Évangile dans les terres lointaines. 

Au fil des années, dans ma vie, l’ailleurs s’est rapproché et j’ai connu l’intérêt et la difficulté de la mission dans les périphéries culturellement très éloignées du Christ.

Aujourd’hui, ma terre de mission est au bout de mes doigts, dans mon quotidien le moins exotique qui soit. Le peuple qui m’interpelle, est celui des « Zachée » qui restent dans leurs figuiers à l’écart de l’église, mais veulent quand même voir la foule de ceux qui suivent le Christ.

Ils se trouvent souvent trop petits pour marcher avec nous. Certains sont conscients de leurs faiblesses, savent que leur vie n’est pas en règle et se trouvent indignes. D’autres ont peur d’être récupérés par les manifestations parfois triomphantes de notre foi et nos discours définitifs qui ne font pas assez de place à leurs doutes. Parfois, ils ont été blessés par un d’entre nous et n’osent plus s’approcher comme font les chats échaudés.

Mais ils ne nous lâchent pas. Ils ne ratent aucune occasion de nous questionner sur des problèmes de société, de nous prendre à témoin, de nous lancer des petites piques, de débusquer nos impostures et de faire porter sur nos épaules tout le poids des guerres de religion, de l’inquisition, des scandales divers et variés qui noircissent l’Église. Ni franchement hostiles, ni indifférents, ils nous cherchent et nous provoquent parce qu’ils n’ont jamais cessé de chercher des réponses à leurs questions et que nous restons malgré tout pour eux des interlocuteurs intéressants. Ils ont souvent le visage de notre collègue de bureau, de notre voisin le plus proche, de notre compagnon sportif et même de notre fils ou de notre meilleur ami. Ils sont notre terre de mission la plus urgente et la plus délicate. Mais comment s’y prendre pour les faire descendre de leurs figuiers ?

Il suffit de regarder faire Jésus, notre modèle missionnaire. Il continue de marcher, attentif à tous, aux marginaux de préférence, il repère Zachée, analyse sa situation sans jugement, l’appelle par son nom, s’invite chez lui en toute simplicité et repart, sans autre forme de discours. A noter que Jésus s’invite chez Zachée et non le contraire. Nulle condescendance, mais accueil immédiat de ce qu’il est, désir de voir la vie depuis sa fenêtre à lui.

Bien sûr, nous ne sommes pas Jésus, mais si les « Zachée » sentent que nous sommes habités de sa présence, c’est le Christ en nous qui s’invitera chez eux. Alors seulement ils descendront de leurs figuiers.

Danièle Gatti

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