Une fois de plus, le Pape François nous a surpris ! Alors que nous sommes nombreux à l’avoir vu à la télévision à l’occasion de la bénédiction Urbi et Orbi, le dimanche de Pâques, voici que, le lendemain matin, nous apprenions sa mort. Et, même si nous le savions fragilisé par la maladie, à la surprise générale, le serviteur des serviteurs de Dieu s’en est allé après avoir salué, une dernière fois, les fidèles de l’Eglise catholique et, avec eux, le monde entier ! Jusqu’à l’heure de son ultime passage, il aura été ce disciple missionnaire du Seigneur Jésus, porté par le désir de partager à tous la joie de l’Évangile !
« L’Évangile invite avant tout à répondre au Dieu qui nous aime et qui nous sauve, le reconnaissant dans les autres et sortant de nous-mêmes pour chercher le bien de tous. » (Exhortation apostolique, la Joie de l’Évangile, Novembre 2013, n°39). Ces paroles du Pape François nous rappelle la place centrale de l’Évangile dans la mission même de l’Église. Et c’est en témoin de l’Évangile qu’il a voulu vivre son ministère de successeur de Pierre, son ministère d’évêque de Rome et, à ce titre, de Pasteur de toute l’Église catholique. Même si certains ont cherché à l’enfermer dans des catégories plus idéologiques qu’évangéliques, c’est toujours au nom de l’Évangile que le Pape François s’est dépensé sans compter, avec des prises de position qui ont pu défrayer la chronique mais qui n’en restent pas moins un appel pressant à promouvoir une fraternité universelle attentive aux plus fragiles d’entre nous, et cela du commencement de la vie à sa fin sur cette terre.
Au nom de l’Évangile, il a œuvré pour une Église plus synodale, pour une Église libérée de tout cléricalisme et qui, sous la conduite des pasteurs qui lui sont donnés, promeut une véritable participation de tous à sa mission sous le signe de la communion. Au nom de l’Évangile, il nous a invités à devenir des disciples missionnaires du Seigneur Jésus et à servir une Eglise en sortie vers les périphéries de tous ordres. Au nom de l’Évangile, il s’est employé à favoriser et à vivre le dialogue avec tous les croyants et avec tous les hommes et les femmes de bonne volonté. Au nom de l’Évangile, il nous a rappelé la nécessité de prendre soin de cette terre qui nous a été confiée par le Créateur. Plus encore, il a plaidé en faveur d’une écologie intégrale, d’une écologie qui tienne compte de la grande diversité des situations humaines et qui prenne en compte l’homme et la femme dans leur intégralité, sans jamais oublier les plus fragiles, et en particulier celles et ceux qui sont contraints de quitter leurs pays pour fuir la misère ou la guerre !
A chacune de ses interventions, le Pape François demandait que l’on prie pour lui, parce qu’il avait aussi conscience de ses propres fragilités. A l’heure de son ultime passage, nous voulons d’abord rendre grâce à Dieu pour tout ce qu’il a donné à son Eglise et au monde dans la personne du Pape François. Et nous confions le successeur de Pierre à l’infinie miséricorde de Dieu, avec cette espérance que le Seigneur a accueilli dans la pleine lumière de son Amour son bon et fidèle serviteur. Et, tout en priant pour lui, nous demandons au Pape François de continuer à prier pour nous, afin que nous devenions en ce monde des serviteurs de l’espérance, au nom de Jésus et de son Évangile.
« L’Eglise ira de l’avant. Dans son histoire, je ne suis qu’un passage. »
(Pape François, Espère, autobiographie, Ed. Albin Michel, 2025, p.373)
+ Philippe MOUSSET, Evêque de Périgueux et Sarlat
Le 22 avril 2025