« Avance au large, et jetez vos filets pour la pêche. » (Lc 5,4)
Message pour la rentrée de l’année pastorale 2026-2027
Chers frères et sœurs,
Quelques mois après l’évènement de la Pentecôte 2026, une question nous est posée : comment allons-nous cultiver la dynamique de ce que nous avons vécu et partagé ensemble ?
Nous avons marché depuis nos paroisses vers la cathédrale. Certains ont marché physiquement, d’autres, à cause de l’âge, de la maladie, des épreuves, ont vécu cette marche dans une véritable communion spirituelle. Ensemble, nous avons fait l’expérience d’une Église en pèlerinage sur cette terre, d’une Église qui, dans sa diversité, animée par le même Esprit, cherche à marcher humblement avec Dieu (Cf. Michée, 6,8).
Mais la Pentecôte n’est pas un point d’arrivée.
L’Esprit qui nous rassemble nous envoie.
C’est pourquoi, au début de cette nouvelle année pastorale, je voudrais nous inviter à écouter de nouveau la parole de Jésus à Pierre :
« Avance au large ! »
Deux réalités me semblent particulièrement importantes pour l’année qui vient.
Accueillir ceux que Dieu nous envoie
La première est un signe d’espérance qui nous est donné : des femmes et des hommes cherchent Dieu et frappent à la porte de notre Église.
À Pâques, nous avons accueilli de nouveaux baptisés. De nouveaux catéchumènes se sont mis en marche vers le baptême. Des adultes demandent aussi à recevoir la confirmation.
Ils sont un don de Dieu pour notre Église.
Leur recherche, leurs questions et leur désir du Christ nous rappellent que l’Évangile demeure une Bonne Nouvelle pour aujourd’hui, une Parole vivante et vivifiante.
Nos communautés ont déjà bien avancé pour mieux accueillir et accompagner ceux qui viennent à leur rencontre. Ce chemin est à poursuivre : comment mieux aider ces femmes et ces hommes, quel que soit leur parcours de vie, à trouver, au sein de nos communautés, non seulement une porte ouverte, mais aussi une véritable écoute et une place pour marcher à la suite du Christ et vivre de sa vie donnée ?
Une Église missionnaire est une Église qui ouvre des portes et donne à chacun la possibilité de rencontrer le Christ pour vivre de sa vie.
C’est pourquoi je souhaite que nous accordions cette année une attention particulière au cheminement vers le baptême et à l’Appel décisif.
Avec le Service diocésain du catéchuménat, nous voulons prendre le temps de faire de cette étape un véritable temps diocésain de rencontre, d’écoute et d’action de grâce. Une journée autour de l’Appel décisif permettra de rassembler les catéchumènes, leurs accompagnateurs et leurs proches, afin que toute l’Église diocésaine puisse mieux mesurer le don qui lui est fait.
Nous donner les moyens de la mission
Discerner ensemble pour mieux servir la mission
À la lumière de ce que nous recevons avec les catéchumènes et les nouveaux baptisés, la deuxième réalité concerne notre regard sur la vie et la mission de l’Église qui est en Périgord.
L’an dernier, nous avons engagé une démarche qui, dans un premier temps, doit nous aider à faire un état des lieux. Dans les paroisses, les pasteurs, les Équipes d’Animation Pastorale et les conseils économiques ont été associés à ce travail. À l’aide de questionnaires, ils ont pu regarder ensemble la réalité de leurs communautés, leurs projets et leurs activités pastorales, et discerner ce qui pouvait les aider à mieux servir la mission dans la situation actuelle.
Ce travail va nous permettre de mieux connaître la réalité de notre Église diocésaine et de faire émerger des pistes pour l’avenir.
L’année qui s’ouvre doit être celle du discernement et de la mise en œuvre des décisions que nous aurons à prendre ensemble. Il nous faut donc poursuivre le chemin engagé dans les paroisses, approfondir ce qui doit l’être, discerner les évolutions à retenir et commencer à les mettre en œuvre là où elles apparaissent possibles et mûres. Pour que les étapes à venir ne soient pas seulement portées par quelques-uns, il me semble important de trouver les moyens d’associer le plus grand nombre de membres de nos communautés paroissiales à ce travail de discernement et de mise en œuvre des décisions. Les assemblées paroissiales sont l’un de ces moyens. Nous sommes tous conscients, en effet, de la fragilité de notre situation à bien des égards, une fragilité qui nous appelle à ne pas vivre sur nos acquis sans pour autant renoncer à la mission. Comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, la démarche engagée vise à adapter les moyens dont nous disposons à la mission vécue.
L’enjeu n’est donc pas de réorganiser l’Église pour elle-même. Il s’agit de discerner ensemble ce que le Seigneur nous demande de faire évoluer dans la vie de notre Église diocésaine pour que nos paroisses et nos communautés soient toujours davantage au service de la mission.
Cette mission nous appelle à accueillir ceux qui cherchent Dieu, à accompagner ceux qui commencent un chemin de foi et à annoncer à tous la joie de l’Évangile.
C’est à la lumière de ces signes encourageants que nous sommes invités à regarder les choix qui se présentent à nous, avec confiance et dans le souci de les porter ensemble.
Élargir notre regard
Ces derniers mois, deux expériences m’ont également aidé à regarder notre Église avec confiance et espérance.
À Lourdes, avec notre Hospitalité diocésaine, j’ai été une nouvelle fois touché par la place des personnes malades et fragiles.
Nous venons pour les accompagner. Et, souvent, ce sont elles qui nous évangélisent. Elles nous rappellent que toute personne est précieuse aux yeux de Dieu et que le service de la vie commence par le regard bienveillant que nous portons sur chacune et chacun.
Au Vietnam, j’ai découvert une Église différente de la nôtre par son histoire et sa culture, mais animée par le même désir de connaître le Christ et de l’annoncer.
Cette expérience m’a aussi fait mesurer combien l’Église universelle est déjà présente parmi nous, dans la diversité des prêtres et des communautés religieuses qui servent notre diocèse, venus du Cameroun, du Vietnam, de Madagascar et d’ailleurs.
Réjouissons-nous de cette diversité qui nous enrichit et nous rappelle que l’Église dépasse largement nos frontières. Dieu est à l’œuvre bien au-delà de ce que nous voyons immédiatement.
Pour que le monde ait la vie
Notre rentrée sera aussi marquée par la venue du pape Léon XIV en France. Le 15 août, nous avons prié pour cette visite qui est une grâce pour l’Église de France et pour notre diocèse.
La devise de son voyage apostolique nous est donnée comme une invitation : « Pour que le monde ait la vie ». En effet, le Christ nous envoie pour que le monde ait la vie, en témoignant de son amour et en servant la vie là où elle est menacée ou fragile.
Le 15 août, le Magnificat nous invitait justement, avec Marie, à regarder notre monde avec les yeux de la foi et à reconnaître l’œuvre de Dieu au cœur de l’histoire.
Dans un temps marqué par les guerres, les violences, les divisions et tant d’atteintes à la dignité humaine, nous pouvons être tentés de nous replier sur nous-mêmes, à cause notamment d’une forme d’impuissance face à tous ces maux.
Alors, bien sûr, nous ne pouvons pas tout changer, mais nous pouvons prendre notre part. Accueillir, servir, prendre soin des plus fragiles, travailler pour la paix, annoncer le Christ : c’est ainsi que nous pouvons, là où nous sommes, être au service de la vie.
Avance au large !
Dans la dynamique insufflée par Pentecôte 2026, avançons donc au large !
Accueillons ceux que Dieu nous envoie.
Discernons ensemble ce qu’il nous demande pour mieux servir la mission.
Gardons les yeux et le cœur ouverts à l’œuvre de Dieu au cœur de notre monde et de son Église.
Nous ne savons pas tout ce que l’avenir exigera de nous. Mais nous savons sur quelle parole nous pouvons nous appuyer :
« Sur ta parole, je vais jeter les filets. »
(Lc 5,5)
Le Christ nous précède.
L’Esprit Saint nous accompagne.
À nous maintenant d’avancer au large, pour que le monde ait la vie.
Que Notre-Dame de Capelou, saint Front, patron de notre diocèse, et tous les saints du Périgord intercèdent pour notre Église.
Qu’ils nous apprennent à reconnaître l’œuvre de Dieu, à accueillir ceux qu’il nous envoie et à servir avec confiance la mission qui nous est confiée.
Avec toute mon affection et ma prière,
+ Philippe Mousset
Évêque de Périgueux et Sarlat