Le pape François a reconnu vendredi 26 janvier les “vertus héroïques” de Madeleine Delbrêl. La voilà donc vénérable, première étape vers la canonisation.

Le pape François a approuvé le 26 janvier 2018 la promulgation de décrets de la Congrégation pour les causes des saints, rendus public, le 27 janvier, concernant notamment Madeleine Delbrêl (1904-1964), connue pour son engagement social dans le monde ouvrier et son dialogue avec les communistes. C’était “l’une des plus grandes mystiques du XXe siècle”, déclarait feu le cardinal Carlo Maria Martini, archevêque émérite de Milan.

Madeleine Delbrêl est née en 1904 à Mussidan, en Dordogne. Elle est fille unique, très choyée, et déjà sa personnalité s’affirme, vive, impulsive, artiste. Elle mène une vie très libre et poursuit ses études de manière un peu anarchique car sa santé fragile l’oblige souvent à travailler seule à la maison. De plus, étant cheminot, son père entraîne les siens dans de multiples déplacements. Dès 13 ans, à Paris, elle fréquente avec lui des milieux littéraires agnostiques ou athées, s’adonne à la poésie, à la musique. Elle aime danser et faire la fête entre amis. Elle s’inscrit à une académie de peinture et suit des cours en Sorbonne. Il y a en elle, à cette époque, un mélange de lucidité désespérée et d’amour passionné de la vie.

Celle qui, à 17 ans écrit “Dieu est mort… vive la mort !” va connaître à l’âge de 20 ans une conversion profonde sur laquelle elle est restée discrète toute sa vie durant (3J’ai été éblouie par Dieu” dira-t-elle). Lettrée, elle reçoit le prix Sully-Prudhomme de l’Académie Française à 21 ans, seulement.

Nous sommes en 1924, elle rencontre alors le Père Lorenzo, vicaire à Saint-Dominique, sa paroisse qui lui fait découvrir toute la richesse et la radicalité de l’Évangile. (il “fait exploser l’Evangile” pour elle). Elle se lance avec passion dans le scoutisme.

Le carmel l’attire, mais elle décide de rester dans le monde, notamment pour prendre soin de sa mère. Madeleine lit beaucoup et acquiert ainsi une solide culture chrétienne. Elle passe ensuite un diplôme de l’Ecole pratique de service social. Et en 1933, le 15 octobre, jour de la fête de sainte Thérèse d’Avila, Madeleine s’installe à Ivry-sur-Seine avec deux amies, anciennes du scoutisme comme elle. C’est le début de ce qu’on appellera plus tard les “Equipes Madeleine Delbrêl”.

C’est à partir de là, jusqu’à sa mort, qu’elle entame son dialogue, sa mission, avec le monde communiste, athée. C’est aussi au contact de ce monde ouvrier, en pleine crise mondiale, qu’elle vivra sa mission. “Au coude à coude avec les gens de la rue”, elle s’engagera dans ce monde ouvrier qu’elle aime et si elle a pu être tentée d’adopter le communisme, comme elle le dit, une lecture des textes de Lénine concernant la religion l’en dissuadera à tout jamais…Elle mènera cependant avec les milieux communistes français des actions communes sans pour autant cacher sa foi et son attachement filial à l’Église. “Milieu athée, circonstance favorable à notre propre conversion”, tel sera le titre de sa dernière conférence à des étudiants, quelques semaines avant sa mort, épuisée d’avoir tant aimé, à sa table de travail, le 13 octobre 1964.

Pour aller plus loin

La vie et l’œuvre de Madelein Delbrêl sont extrêmement riches et trop complexes pour pouvoir être résumées ici. On se reportera utilement à plusieurs articles sur internet :

Extrait vidéo de l’émission la Foi prise au mot, de KTO, du 26 octobre 2014

 

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