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L’équipe d’accompagnement « Veille Santé Clergé »

L’équipe d’accompagnement « Veille Santé Clergé » a pour mission de prendre soin de la santé de tous les membres du clergé (prêtres, diacres et évêque) : que ce soit pour des soucis de santé, un changement ou un aménagement de résidence, une aide ponctuelle, des problèmes administratifs…
 Plusieurs bénévoles sont disponibles pour des visites. Pour mieux connaître cette commission nous avons rencontré deux des membres de l’équipe : Émilie Constantin-Philbert et le père Jean-Michel Bouygues.

EeP : Depuis quand cette commission existe-t-elle sur le diocèse ?


Émilie Constantin-Philbert : Cette commission existe depuis février 2021.

EeP : Cette cellule, « Veille, Santé, Clergé », à qui s’adresse-t-elle ?

É. C.-P. : Elle s’adresse à tout le clergé, donc aux prêtres et aux diacres. La plupart des diocèses de la province a une équipe comme la nôtre, les définitions des missions ne sont pas forcément les mêmes.
Dans le diocèse de Périgueux et Sarlat, nous avons décidé d’accompagner à la fois les prêtres et les diacres, parce qu’ils font tous partie du clergé et c’était important de pouvoir les accompagner.


P. Jean-Michel Bouygues : Tous les prêtres et tous les diacres parce que, dans notre diocèse, c’était l’équipe « prêtres aînés » qu’il y avait au départ.

É. C.-P. : Au départ, notre commission était axée sur les prêtres aînés, retraités. Depuis 2021, elle a beaucoup évolué. Ainsi, nous avons décidé de l’appeler « Veille Santé Clergé » pour que tout soit dit dans le titre. De fait, nous sommes là pour veiller à ce que tout le clergé aille bien.

P. J.-M. B. : À l’origine de l’équipe nous avons regroupé des compétences qui existaient déjà. C’est pour cela que, dans l’équipe, on retrouve Émilie qui s’occupait déjà de l’immobilier pour le diocèse, Josette Piet et le père Philippe Doumenge qui s’occupent de la CAVIMAC (la Mutuelle des prêtres et des diacres). On a donc agrégé des personnes puis on a élargi un peu l’équipe.

É. C.-P. : Avec, notamment, Odile Cougoul et Caroline Rivière, deux anciens médecins. C’est important de pouvoir, quand il y a des détails un peu techniques, un peu médicaux, d’avoir leur vision. Pierre Taillez, qui est notre dernier membre arrivé cette année, lui, a plutôt un historique de mandataire auprès des familles dans ses compétences. C’est comme cela que l’équipe s’est structurée, à partir des différentes facettes du quotidien des membres du clergé. L’idée c’est de regrouper différentes compétences pour un seul et même objectif qui est de prendre soin aussi des membre du clergé diocésain et de faire en sorte qu’ils aillent bien, puisqu’on regroupe aussi la santé psychologique, psychique et physique.

EeP : Alors comment cette veille sur la santé du clergé se réalise-t-elle ? Comment ça se passe ?

P. J.-M. B. : Régulièrement on se rencontre et on passe en revue toutes les situations dont on a connaissance. C’est vrai que depuis le temps que je suis vicaire général, j’ai accompagné beaucoup de prêtres qui sont partis à la retraite, etc. C’est parti un peu de là.
De temps en temps, on passe en revue tout le clergé et, en fonction des situations, on décide d’aller rencontrer tel prêtre ou tel diacre ou même tel évêque puisque l’évêque fait aussi partie du clergé. Et puis il y a aussi ceux qui, aujourd’hui, savent que nous existons et qui font appel à nous.


É. C.-P. : On visite les prêtres assez régulièrement. Il y a également une question de secteur car le diocèse est étendu. On est tous sur des secteurs un peu différents, ça nous permet d’aller visiter certains prêtres. On fait cela en duo. Ainsi, par exemple, Odile et Pierre peuvent aller visiter les prêtres du Bergeracois avec Jean-Michel puisque c’est le vicaire épiscopal de l’ensemble pastoral. Avec Josette, par exemple, nous allons du côté de Nontron, Brantôme, pour visiter les prêtres qui sont là-bas.
On découpe donc le diocèse en secteurs pour aller faire des visites, amicales pour ces prêtres ou diacres, puis nous faisons remonter quand nous identifions des besoins particuliers. Je précise qu’il est évidemment indispensable que tout se fasse dans la plus stricte confidentialité avec la plus grande bienveillance. Nous sommes là pour prendre soin, réellement, de veiller sur les membre du clergé diocésain.

P. J.-M. B. : On n’organise pas de visite médicale, par exemple, parce que ce n’est pas notre compétence. En revanche, on veille à ce que chacun ait vraiment un médecin référent. On s’en préoccupe pour être sûrs que chacun est bien suivi par un médecin.

É. C.-P. : Oui, qu’il soit bien suivi et que son lieu de vie corresponde aussi à son état physique. Par exemple, pour des prêtres qui ont des escaliers et qui veulent rester chez eux, on peut tout à fait envisager de mettre en place quelque chose, soit un lieu de vie au rez-de-chaussée, soit une installation électrique pour monter les escaliers.
Dans certains cas, on a fait rentrer des prêtres en maison de retraite, et il y a donc tout un volet administratif, qui peut être assez lourd. Là encore nous accompagnons, toujours en équipe. On a eu des cas où l’un des membres de Veille Santé Clergé a accompagné physiquement le prêtre. Pour ma part, ici, je m’occupe de l’administratif pour les maisons de retraite, ainsi, il y a un relais en permanence. L’idée, toujours, c’est de leur faciliter la vie.

EeP : Est-ce que vous avez des projets concernant des actions de prévention, de promotion de la santé physique, morale, des projets d’amélioration de cadre de vie. ?

É. C.-P. : Oui, notre grand projet c’est la personne de confiance, les directives anticipées. C’est un sujet un peu délicat parce que cela part du principe qu’on pourrait ne plus tout à fait être apte à parler en cas d’hospitalisation, de maladie ou d’accident. On se projette dans un futur qu’on n’a pas toujours envie d’aborder.
Mais cela reste un sujet très important, puisqu’à partir du moment où c’est fait, ça permet aux autres, à ceux qui restent, de savoir ce que la personne veut. Et cela rassure de se dire qu’effectivement, avec mes directives anticipées, je sais que si je ne peux plus parler, c’est quelqu’un de confiance qui va pouvoir le faire à ma place. C’est un peu notre cheval de bataille.

P. J.-M. B. : Il y a un autre sujet aussi sur lequel nous commençons à réfléchir, c’est l’approche de la retraite. Par expérience on s’est rendu compte que certains ne le vivent pas forcément bien et qu’il faut sûrement anticiper cela et faire des propositions. Mais cela se réfléchit aussi au niveau de la Province. C’est une question qui revient un peu dans toutes les équipes.


É. C.-P. : Quand notre commission a commencé, en 2021, elle était beaucoup moins sollicitée qu’aujourd’hui. Depuis 5 ans, on a mis des choses en place pour le bien-être des prêtres, et on sait qu’on va avoir des vagues départ à la retraite et certainement encore un peu plus de travail dans les années à venir.


EeP : Et peut-être également l’attention aux prêtres qui resteront, moins nombreux et qui auront des tâches supplémentaires ?

É. C.-P. : Oui, tout à fait. Oui, l’épuisement ne concerne pas que les laïcs, cela concerne tout le monde.

EeP : En termes de formation, de sensibilisation et de prévention, des rencontres sont-elles organisées avec les membres du clergé pour les sensibiliser, pour attirer leur attention sur tel ou tel aspect ?

É. C.-P. : Non, pas encore. On en parle au cas par cas quand on va les visiter. C’est plutôt une démarche individuelle, car cela peut toucher parfois à l’intime. Tout le monde n’est pas toujours prêt à en discuter. Donc on pense qu’il est important de pouvoir en parler dans un cadre vraiment confidentiel et en petit comité.


P. J.-M. B. : Peut-être que ce sera possible dans les années à venir parce que ce dont je me rends compte c’est que finalement cette initiative-là, est bien perçue par les prêtres quand ils font appel au groupe. On se rend compte que cela passe très bien, parce que, justement, l’équipe sait rester dans les limites de la confidentialité, elle ne s’impose pas. Et donc, petit à petit elle a su se faire accepter et dans quelques années, assez proches, on pourra effectivement proposer des réflexions plus générales justement par rapport aux directives anticipées, par rapport aux personnes de confiance.

É. C.-P. : Oui, c’est vrai qu’au début, comme dans beaucoup d’initiatives, la mayonnaise n’a pas toujours très bien pris, parce que c’était quelque chose qu’on voyait de loin. Et puis, quand on a commencé à passer à l’action, et qu’on nous a vu prendre les choses en main, effectivement, je pense que cela a rassuré. Et puis, on a su prouver qu’on pouvait compter sur nous et qu’on était là pour ça.

EeP : C’est une mission très délicate…


É. C.-P. : C’est de la rencontre, au cas par cas. Chaque prêtre a des problématiques qui sont très différentes.

P. J.-M. B. : En fonction des prêtres, ou des diacres, on se dit qu’il vaut mieux que ce soit tel ou tel qui aille les rencontrer ou tel duo. On essaie de tenir compte des sensibilités des uns et des autres.

É. C.-P. : Oui, des tempéraments, des susceptibilités. Effectivement, nous sommes variés. Nous sommes des hommes, des femmes, des prêtres, des laïcs. Donc cela permet justement de pouvoir varier les duos, varier les visites aussi. On sait qu’il y a tels prêtres qui seront peut-être un peu plus sensibles justement pour discuter avec un prêtre et cela sera peut-être un peu plus compliqué pour discuter avec une femme. Pour d’autres, ce sera l’inverse qui va être apprécié. Donc, effectivement, en fonction de qui on va voir, il y a le secteur et puis il y a aussi la personne, parce vraiment, encore une fois, on fait du cas par cas. Le but, c’est qu’ils se rendent compte qu’on est là pour les aider. Il n’est pas question de leur imposer quoi que ce soit, ni qui que ce soit.


P. J.-M. B. : « Veille Santé Clergé » n’est pas un service diocésain, car un service diocésain est sous la houlette de l’évêque. Cette équipe est un peu comme la cellule d’écoute, c’est à dire une entité un peu autonome. Je crois que ce qu’il faut pouvoir dire aussi, que c’est confidentiel. On ne rend aucun compte à l’évêque. On peut attirer l’attention sur tel ou tel, ou l’évêque lui-même peut nous dire « il y a peut-être tel prêtre qu’il faudrait voir », etc. mais il n’y a pas de compte rendu qui lui est communiqué.

É. C.-P. : Cela est fait entre nous et reste entre nous, ni l’évêque, ni aucune autre autorité n’a de compte-rendu ou de résumé de ce qui est dit. On parle entre nous aussi de manière totalement librement, et tout ce qui est dit avec « Veille Santé Clergé » y reste. Aujourd’hui, les prêtres et les diacres savent que cette équipe existe, je pense à peu près tous. On a fait pas mal de tournées.

EeP : Que souhaiteriez-vous ajouter ?

É. C.-P. : Il y a une rencontre inter-diocésaine de la province, une fois par an, qui nous permet d’échanger avec nos camarades des autres diocèses, même si les missions peuvent être différentes, comme on l’a dit en début d’entretien. Certains, s’occupent uniquement des prêtres aînés, les prêtres retraités, d’autres vont englober tous les prêtres mais pas les diacres. Je crois que nous sommes les seuls à ouvrir autant.

P. J.-M. B. : Il y a des diocèses comme Bordeaux par exemple où il y a une assistante sociale qui est rémunérée, qui s’occupe de tous les dossiers, nous, ce n’est pas le cas. On donne un coup de main effectivement quand il y a un dossier à faire pour la maison de retraite, etc.

É. C.-P. : Quand il y a des remboursements médicaux, ce n’est pas Veille Santé Clergé qui intervient mais le service diocésain de comptabilité, avec Véronique nous faisons avec nos moyens. En tant que petit diocèse, il n’y a pas non plus pléthore de prêtres et de diacres.

P. J.-M. B. : C’est pour cela qu’on a élargi d’ailleurs.

É. C.-P. : Enfin, la santé ce n’est pas que la santé physique, quand il y a les bobos qui arrivent avec l’âge. Il y a aussi comment on se sent dans sa tête et est-ce que tout cela est bien aligné. C’est pour cela qu’on a ouvert Veille Santé Clergé à tous les membres du clergé, y compris les diacres. Les diacres, ils ont leur famille, ce sont des situations un peu différentes, mais, en cas de souci, un jour, il ne faut pas hésiter à nous solliciter parce que nous sommes là pour ça.

CONTACT « VEILLE SANTÉ CLERGÉ »

Emilie Constantin-Philbert
05.53.08.17.50
emilie.c-philbert@diocese24.fr

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