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Le petit soulier de Sœur Marie-Céline

Le petit soulier qui a été porté en procession le 23 Mai 2026 vers la Cathédrale Saint-Front de Périgueux, lors de la marche proposée à tous dans l’esprit de la Pentecôte, n’a rien de la beauté et de la légèreté de la pantoufle de vair de Cendrillon.

C’est un petit soulier de cuir auquel sont fixées deux tiges de métal pour être bloquées au niveau du genou et enserrer sa jambe d’adolescente. C’est une attelle rudimentaire conçue à l’hôpital des enfants de Bordeaux où la petite Germaine Castang, future Sœur Marie-Céline, a été opérée en février 1891. Depuis l’âge de 4 ans à cause de la poliomyélite, elle était « la petite boiteuse » et le resta jusqu’à la fin de sa vie.

Non, ce n’est pas la pantoufle de vair de Cendrillon et sa courte vie ne fut pas un conte de fée. Dix neuf années à vivre le handicap, la grande pauvreté, la marginalisation, la solitude et les deuils de sa mère et de cinq de ses petits frères et sœurs. Triste vie sans bals ni robes de princesse, ni actions héroïques, ni écrits édifiants. Une courte vie qui ressemble à bien des vies « ordinaires » de notre temps.

Alors, pourquoi inviter ce petit soulier à se joindre à la marche du 23 Mai ? Certainement pas pour pleurer sur ces souffrances et les nôtres. Ce serait faire preuve d’un dolorisme bien stérile.
L’histoire qu’il nous raconte est bien plus belle qu’un conte de fée car elle a le mérite de rejoindre la réalité de nos vies.

Dans l’apparente noirceur de son existence, Sœur Marie- Céline a bien rencontré le Prince Charmant qui a illuminé sa vie. Le Christ l’a attirée dès la petite enfance et elle n’a cessé de lui dire « oui », pas à pas, dans la joie parfaite si chère à saint François d’Assise. Il n’était pas pour elle une idée pure, mais une rencontre et une présence avec laquelle elle a pu traverser toutes les épreuves. Là est le tout de son message et de son mérite.

C’est en boitant qu’elle a volé vers la sainteté, humble et joyeuse, comme le jour de sa confirmation à la Cathédrale Saint-André de Bordeaux où elle ne put réprimer l’expression de sa joie intérieure. C’est en boitant que nous pouvons aussi faire de nos vies un chemin de sainteté.

L’Église qui l’a déclarée Bienheureuse en septembre 2017 a bien compris qu’elle pouvait être pour nous, aujourd’hui, « un modèle lumineux d’humilité et de patience qui a vécu dans la joie le mystère de la croix. » comme l’a déclaré le Pape Benoît XVI.

Le 13 mai de cette année, dans son homélie prononcée dans l’église de Nojals notre évêque Philippe Mousset, n’a pas dit autre chose : « Marie-Céline n’a pas accompli de grandes œuvres visibles, mais elle a laissé le Christ habiter son cœur et sa vie, et cette lumière continue aujourd’hui encore à rejoindre des personnes. Peut-être parce qu’elle rejoint justement ceux qui pensent ne pas avoir d’importance ». « C’est une sainte à notre portée » m’a dit un jour une femme toute simple de son village natal. On ne peut mieux dire.

Il est heureux que ce petit soulier soit sorti de son coffret pour accompagner la marche du 23 Mai 2026, il est souhaitable, maintenant, que notre petite bienheureuse du Périgord soit mieux comprise et aimée.

L’année 2027 sera l’occasion de fêter les 20 ans de sa béatification et la date du 30 Mai a été retenue pour célébrer dignement cette Grâce à Nojals.

Une date à retenir, une invitation à prier pour obtenir sa canonisation et un engagement à chercher à la mieux connaître pour approfondir son message et s’en nourrir.

Danièle GATTI

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