Samedi 15 novembre 2025, plus de deux cents personnes venues de tout le diocèse se sont retrouvées au Foyer socio-culturel de Trélissac pour participer au Jubilé de la Fraternité. S’inscrivant dans l’élan jubilaire voulu par le pape François et son successeur, Léon XIV, cette journée avait pour objectif de redonner force et visibilité à ce qui constitue le cœur de l’Évangile : la fraternité vécue, partagée et construite ensemble.
Un accueil chaleureux pour ouvrir la journée
Dès 10 heures, les participants ont été accueillis autour d’un café fraternel, créant d’emblée une atmosphère simple et conviviale. L’animation musicale, par Francisco Ochando, qui a suivi a permis d’entrer dans la journée avec joie et dynamisme, avant l’ouverture officielle présidée par Mgr Philippe Mousset.
L’évêque a rappelé que, dans un monde troublé, « il est vital de promouvoir une fraternité en actes », rejoignant ainsi l’appel du Pape Léon à soutenir toutes les initiatives qui défendent les plus fragiles.


Une matinée de témoignages, d’écoute et d’ouverture
La journée a été marquée par la construction d’une œuvre commune, un arbre symbolique construit au fil des heures : un geste simple pour signifier la contribution de chacun à une fraternité plus grande.
Deux invités – le rabbin Éric Meyer Aziza, d’Arcachon et l’imam Mahmoud Doua, de Cenon – ont ensuite pris la parole. Leurs interventions, profondément humaines et ancrées dans leurs traditions respectives, ont rappelé que la fraternité ne se décrète pas : elle se vit dans la rencontre, dans l’écoute et dans le respect mutuel. Un échange ouvert avec l’assemblée entre Mgr Mousset, le pasteur Samuel Kpoti, nouvellement installé à la paroisse de Périgueux de l’Église protestante unie et la révérende anglicane Helen Savage a permis de prolonger ce moment de dialogue interreligieux.





La matinée s’est achevée avec la première intervention de Lorette Goosse, artiste invitée. Par son approche sensible, elle a aidé les participants à mettre, avec humour, des mots sur leur propre histoire et à entrer dans une dynamique d’expression et de partage.


Un apéritif et un repas partagé, où chacun apportait un plat, ont permis de prolonger ces échanges dans la simplicité d’un déjeuner fraternel.
L’après-midi : des témoins pour dire la fraternité en actes
L’après-midi a permis de découvrir une grande diversité d’initiatives fraternelles présentes en Dordogne. Des témoignages courts, ponctués d’intermèdes musicaux, ont illustré la richesse et la générosité de notre territoire :
- La rencontre du groupe d’amitié islamo-chrétienne à l’abbaye d’Échourgnac, le 23 juin dernier, présentée en images et commentées par les membres du groupe ;
- Le Comité Bergerac Fraternité, engagé dans les rencontres interreligieuses locales ;
- Les Scouts, présents lors de cette journée et en charge de l’accueil, ont exprimé ce que signifiait pour eux la fraternité en actes ;
- L’Arche de Beleyme, accueillant les familles en attente de parloir ;
- Le Fraternibus, véhicule itinérant d’écoute et d’aide du Secours catholique ;
- La Médecine Périgordine Humanitaire ;
- …
Ces partages ont été suivis d’un temps d’échanges avec la salle, où chacun a pu exprimer ses questions, ses expériences ou simplement sa gratitude.



Lorette Goosse a repris la parole en fin d’après-midi pour offrir un retour artistique et humain sur ce qui avait été vécu, mettant en lumière l’émotion, la profondeur et la simplicité de ces rencontres.
Une célébration interreligieuse comme sommet de la journée
À 16h, l’ensemble des participants s’est rassemblé pour une célébration interreligieuse, moment fort du Jubilé.
Autour d’un plateau et de l’arbre symbolique élaboré durant la journée, les représentants des différentes religions et confessions chrétiennes – juifs, musulmans, bouddhistes, orthodoxes, anglicans, protestants et catholiques – se sont succédé pour lire un texte ou chanter un hymne sur la fraternité, puis déposer une bougie, signe d’espérance et de paix.
Une prière portée par l’aumônerie de prison a rappelé la dignité de toute personne.
La célébration s’est conclue par un chant et un geste fort : les représentants des différentes traditions se sont donné la main, image simple mais puissante d’unité et de respect mutuel.




La fraternité, un chemin à poursuivre
La journée s’est achevée à 16h30, mais l’élan qu’elle a suscité se prolongera dans les semaines et les mois à venir. Ce Jubilé de la Fraternité a montré qu’en Dordogne, des femmes et des hommes de bonne volonté, croyants ou non, souhaitent bâtir des ponts, se rencontrer et agir ensemble pour un monde plus juste et plus fraternel.
Comme l’a rappelé l’évêque dans son invitation, la fraternité est un bien précieux confié par le Seigneur : un bien que nous avons la responsabilité de faire grandir, de cultiver et de transmettre.