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Homélie : La dimension missionnaire que nous cherchons

Dans nos communautés, grandes ou petites, aidons-nous à écouter Jésus, le Bon Pasteur,
pour faire entendre sa voix à toutes les brebis qui ne sont pas de son enclos.

Le 4ème dimanche de Pâques, traditionnellement appelé « dimanche du Bon Pasteur », revêt pour nous qui sommes rassemblés dans cette Basilique, une signification particulière. Dans la Bible, le berger ou le pasteur constitue une figure repère qui permet de comprendre un peu mieux qui est ce Dieu qui a fait le choix de se révéler au peuple d’Israël et surtout, quelle est la nature de la relation qu’il désire vivre avec ce peuple à qui il a confié la mission de le donner à connaître et à aimer à toutes les nations.

Reconnaissons pourtant que la métaphore ou l’image du berger n’a plus le même impact dans notre monde aujourd’hui ! Et cependant, comment faire fi de ces pages de la Bible qui nous redisent avec force que le pasteur par excellence, c’est Dieu lui-même ? Ainsi, dans le passage de l’évangile que nous venons d’accueillir, c’est sous les traits du Bon Pasteur que Jésus frappe à la porte de nos cœurs. Mais, à la différence de tous les bergers du monde qui vivent de leurs troupeaux, il se fait la nourriture de ceux qui croient en lui, de ses brebis qui écoutent sa voix et qui font le choix de le suivre. Il leur donne la vie éternelle, sa vie, toute sa vie.

Ainsi, ceux qui ont choisi librement de suivre Jésus, ont appris à le connaitre. Tout Fils de Dieu qu’il est, il n’en a pas moins été un homme, soumis comme vous et moi aux exigences les plus ordinaires de notre humanité : manger, boire, dormir. Il a aussi connu la fatigue, et même la colère à l’encontre de certaines attitudes de fermeture et d’exclusion. Mais ce qui a profondément marqué ses disciples, c’est que Jésus a su témoigner d’une attention particulière à toutes les personnes rencontrées, d’une attention faite de compassion et de tendresse. Il a su entendre le cri des foules et de l’humanité. Et, il a souvent été saisi aux entrailles par ces foules qui sont comme des brebis sans Berger (Cf. Mt 9,36). Les disciples, tout en ayant du mal à reconnaître en Jésus le Fils de Dieu, ont appris à aimer cet homme qui a fait le bien partout où il est passé. Et, dans leurs peurs et leurs incompréhensions, ils ont appris à lui faire confiance et à s’en remettre à lui. Disciples de Jésus, baptisés, nous sommes, nous aussi, appelés, au cœur de ce que nous vivons et de ce qui nous éprouve, à nous tourner vers lui, Jésus, le Bon Pasteur, pour retrouver en Lui, le chemin du bercail, de la bergerie, de l’auberge où nous pourrons être fortifiés par le don de sa parole et de sa vie.

« Moi je suis le Bon Pasteur, je connais mes brebis et mes brebis me connaissent… Elles écoutent ma voix… Et je donne ma vie pour elles… »

C’est en prenant le temps d’écouter et de partager cette Parole de Dieu que l’Esprit Saint nous permet, peu à peu, pas à pas, de faire entendre, par toute notre vie, la voix du Christ à celles et ceux que nous rencontrons, la voix de Jésus, le Bon Pasteur, qui, par son Eglise, appelle tout homme, toute femme, à reconnaître et à accueillir l’amour qu’il leur porte pour y gagner en humanité et en vie. D’où la question que je me permets de nous poser : comment, au sein de nos communautés, grandes ou petites, nous aidons-nous à écouter Jésus, le Bon Pasteur, pour faire entendre sa voix à toutes ses brebis qui ne sont pas de son enclos ?

Ne cherchons pas ailleurs l’étonnante et merveilleuse mission de l’Eglise. Elle consiste à se tenir au service de cet amour dont Dieu aime le monde : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son propre Fils ».

Ici à Lourdes, Marie, au nom de son Fils, Jésus, s’est approchée de la petite Bernadette, à qui elle s’est adressée avec respect et tendresse : Elle m’a parlé comme on parle à une personne. Ici, tout nous fait entrer dans le mystère de cette proximité où chacun, quelle que soit sa santé, quels que soient les tourments, les échecs ou les rêves de sa vie, se sent rejoint dans sa plus profonde espérance et retrouve le fil de sa vocation baptismale. Cette vocation peut se décliner de multiples manières, dans le mariage, la vie religieuse, la vie consacrée, le ministère presbytéral : peu importe. Toutes les vocations sont liées et ont besoin des unes et des autres pour avancer ensemble sur le chemin de sainteté.

Alors, ensemble, dans la diversité de nos états de vie et de nos vocations, demandons cette grâce, par l’intercession de la Vierge Marie et de sainte Bernadette, de pouvoir ouvrir nos cœurs à Jésus, le Bon Pasteur, pour témoigner en ce monde de l’espérance dont il est la source intarissable.

Amen !

+ Philippe MOUSSET
Evêque de Périgueux et Sarlat

Lourdes, le Bon Pasteur
Dimanche 21 avril 2024

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