« Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père ; il règnera sur la maison de Jacob pour des siècles et son règne n’aura pas de fin ». Marie dit à l’ange : « Mais comment cela se fera-t-il puisque je ne connais pas d’homme ? ».

Ces paroles prennent de l’ampleur et de l’importance à l’approche de Noël.

Comment cela se peut-il ? Comment une jeune fille d’une petite bourgade de Palestine, de ce petit peuple sans importance au regard de l’empire romain peut-elle donner naissance au Sauveur du monde ?

Marie, de manière inattendue, va dire « oui » (ouf !) à l’œuvre du salut initié par l’Esprit Saint en elle. Qui aurait pu deviner que l’histoire de ce petit peuple portait en lui la semence d’un pareil avenir ? Il y a un peu plus de deux mille ans, il semblait que la lignée de David allait s’éteindre, mais contre toute attente, il lui fut donné un fils pour s’asseoir sur son trône.

L’AVENIR À RECEVOIR COMME UN DON

Certes il en a fallu du temps pour produire ce fruit, plein de promesse et d’avenir. Mais nous voyons bien que dans la foi notre espérance consiste moins à accumuler des certitudes et des stratégies pour déterminer un avenir, que de se disposer intérieurement, avec tout son être, à recevoir l’avenir comme un don. Le don d’une promesse. Le don d’un avenir. Et coopérer. À l’image de Marie : Dieu la rend capable de l’accueillir dans sa vie et de coopérer à son œuvre de salut au cœur de l’histoire de l’humanité, même lorsque celle-ci n’est pas particulièrement favorable dans cette région, avec la présence des Romains, les envahisseurs, beaucoup de pauvreté et des troubles sociaux.

Un des fondements de notre espérance à Noël, c’est justement que Dieu n’a pas renoncé à son projet, à son dessein, à l’avènement de son Royaume. Rien ne peut l’arrêter parce qu’il accepte de travailler toujours à son œuvre de salut même si son peuple est faillible, querelleur ou rebelle. Dieu nous apprend qu’il peut accomplir son œuvre à travers nous parce qu’il travaille toujours avec « des vases d’argile, pour que cet incomparable puissance soit de Dieu et non de nous ». (2 Cor 4,7)

PRATIQUER ET VIVRE L’ESPÉRANCE À L’INTÉRIEUR MÊME DES INCERTITUDES…

Les temps que nous avons à vivre, en ce 21ème siècle naissant, ne sont ni plus ni moins favorables que du temps de Jésus. Ils sont également marqués par l’incertitude beaucoup plus que par l’assurance de l’avenir. Mais c’est à l’intérieur-même de ces incertitudes que nous sommes invités à pratiquer et à vivre l’espérance chrétienne telle que St Paul en parle dans ses lettres, tout spécialement lorsqu’il évoque l’espérance comme un processus d’enfantement : « Nous le savons en effet : toute la création gémit encore dans les douleurs de l’enfantement… »  Rm 8, 22

Finalement, l’espérance chrétienne consiste d’abord à nous tourner vers Dieu et  son travail dans le monde, à ce travail caché qui prépare l’avènement du Royaume.

L’ENGAGEMENT INIMAGINABLE DE DIEU

Il est clair que ce temps de l’Avent pour les croyants que nous sommes, nous invite à percevoir cet engagement inimaginable de Dieu, qui, dans le Christ, vient demeurer parmi nous, à l’intérieur de notre histoire pour « faire toutes choses nouvelles ».

LES CRÈCHES DE NOËL SONT NOMBREUSES ET COMMENT NE PAS S’EN RÉJOUIR.

Devant la crèche, les regards sont dirigés vers l’enfant Jésus le nouveau-né : celui de Marie qui l’a attendu avec amour et foi, celui de Joseph qui prend conscience de la responsabilité qui lui incombe, celui des anges qui se penchent du haut du ciel et ne cessent de s’émerveiller et celui des bergers tout étonnés de ce qu’il se passe quelque chose de grand dans cet enfant emmailloté et couché dans la mangeoire. « Allons voir » se disent-ils entre eux. Nous aussi, allons voir encore cette année ce grand et beau signe qui nous est donné et dont nous n’aurons jamais fini d’épuiser le sens. Même les non-croyants regardent les crèches.

Peut-être que, au fond, ce qui nous touche tant c’est l’infiniment grand et l’immense qui se révèlent dans le tout petit, le tout-puissant dans la fragilité de l’enfant. Dieu fragile et fort à la fois nous donne un nouvel itinéraire pour toute l’humanité.

Le pape François nous partage sa prière devant la crèche : « La crèche et le sapin forment un message de paix et d’espérance, et aident à créer le climat de Noël favorable pour vivre avec foi le mystère de la naissance du Rédempteur, venu sur la terre avec simplicité et douceur ».

Devant la crèche, on comprend la bonté de Dieu et l’on contemple sa miséricorde.

Dans ce monde d’aujourd’hui, avec ses ombres et ses lumières, sachons témoigner avec ferveur de ce message de paix auprès de tous les hommes.

+ Philippe Mousset, Évêque de Périgueux et Sarlat