Le 1er juillet de cette année 2026, deux évêques (consacrés par Mgr Marcel Lefebvre en 1988 en désobéissance avec le pape saint Jean-Paul II) ont eux-mêmes consacré quatre nouveaux évêques, sans mandat pontifical et contre la volonté du Successeur de Pierre, le Pape Léon XIV qui a fait tout ce qui était en son pouvoir pour les dissuader de poser un tel acte.
Malheureusement, les avertissements adressés au Supérieur de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X (FSSPX) n’ont pas été entendus ! Par l’acte grave qui a été posé, ces six évêques et tous les prêtres de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X fondée par Mgr Lefebvre se sont donc exclus de la communion de l’Eglise catholique, romaine et apostolique. De là vient qu’ils ont été sanctionnés par une peine d’excommunication latae sententiae (« tombant d’elle-même »). C’est aussi le cas des fidèles qui adhèrent formellement à ce schisme.
En outre, les sacrements administrés par les prêtres de la FSSPX sont illicites, et le sacrement de pénitence et le mariage qu’ils célèbrent sont invalides.
Pour être tout à fait clair, le cœur du problème n’est pas le rite liturgique (la messe selon le missel de Saint Jean XXIII, désignée souvent sous l’appellation de messe en latin). Le problème vient de l’acceptation de l’enseignement du Concile Vatican II (1962-1965) qui est, en l’occurrence, rejeté par la Fraternité sacerdotale Saint Pie X. C’est là une condition sine qua non pour entrer dans la pleine communion de l’Église catholique.
Pour rappel, le pape Benoît XVI avait accompli un geste de miséricorde en 2009, en levant les excommunications des quatre évêques ordonnés par Mgr Lefebvre en 1988. Plus encore, le pape François, à l’occasion de l’année de la miséricorde en 2016, avait donné aux prêtres de la FSSPX, pour le bien des fidèles, le pouvoir de confesser validement et il avait permis aux évêques diocésains d’autoriser au cas par cas des mariages validement célébrés par ces mêmes prêtres. Tous ces gestes d’ouverture sont tristement anéantis par la cérémonie du 1er juillet.
Concrètement, il ne me sera plus possible, en l’état actuel, d’autoriser la célébration de messes ou de mariages ou de tout autre sacrement per des prêtres de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X dans les églises de notre diocèse.
Je tiens à préciser ici que les messes célébrées selon le missel de Saint Jean XXIII à l’église de saint Charles du Toulon de Périgueux et à la chapelle de l’Alba à Bergerac, ainsi que celles qui sont célébrées au couvent Saint Paul de Thiviers, le sont par des prêtres en pleine communion avec l’Église catholique.
Depuis le motu proprio Traditionis custodes du pape François en 2021, les prêtres qui veulent célébrer selon le missel de Saint Jean XXIII doivent y être formellement autorisés par l’évêque du lieu. Et c’est bien le cas pour les prêtres qui assurent un apostolat au service des fidèles qui se rassemblent dans les lieux précédemment mentionnés.
Nous sommes évidemment profondément attristés par ce schisme qui porte atteinte à l’unité de l’Eglise et à sa mission et nous prions pour qu’un rapprochement se fasse de nouveau, même si, à ce jour, les conditions de celui-ci semblent refusées par les responsables de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X.
Les fidèles de notre diocèse qui pensent s’être fourvoyés en adhérant à la doctrine de la FSSPX et qui souhaitent rejoindre la communion de l’Église sont invités à en parler avec le curé de leur paroisse ou avec mon délégué pour l’accompagnement des communautés de fidèles célébrant selon le missel de Saint Jean XXIII, l’abbé Lino Ferreira, afin de faire le point.
Ils peuvent aussi s’adresser à moi-même, leur évêque, pour la procédure permettant la levée de la sanction d’excommunication et pour l’accomplissement du rite d’admission dans la pleine communion de l’Église catholique.
Enfin, je joins à ce communiqué la déclaration de la présidence de la Conférence des Évêques du France « Vivre une communion renouvelée au service de la mission ».
Portons dans la prière les blessures de l’Église et celle de toutes les personnes troublées par cette situation. Que Notre-Dame de Capelou intercède auprès de son fils, notre Seigneur Jésus- Christ, pour qu’il puisse conduire son Église vers l’unité parfaite.
Périgueux, le 9 juillet 2026
+ Philippe Mousset,
Évêque de Périgueux et Sarlat