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« Antiqua et nova » note du dicastère pour la doctrine de la Foi sur l’I.A.

Le Dicastère pour la Doctrine de la Foi du Vatican a publié, le 28 janvier dernier « Antiqua et Nova », un document inédit sur les enjeux de l’intelligence artificielle (IA) à la lumière de la vision chrétienne de l’homme et de la création. Fruit d’une collaboration avec le Dicastère pour la Culture et l’Éducation, ce texte s’adresse d’abord à ceux qui ont la charge de transmettre la foi (parents, enseignants, pasteurs…), mais il interpelle aussi un public plus large, puisqu’il traite de questions éthiques et anthropologiques touchant l’avenir de la société tout entière.

D’emblée, « Antiqua et Nova » rappelle que l’IA, si elle peut imiter ou remplacer certaines activités humaines, demeure incapable de reproduire la totalité de notre expérience : émotions, intuition, élan spirituel et relation à Dieu. Cette distinction entre la « force de calcul » d’un programme et l’intelligence intégrale de la personne humaine est primordiale : l’IA travaille essentiellement avec des données statistiques, tandis que l’être humain, créé à l’image de Dieu, s’ouvre à la vérité et au bien par l’exercice de sa conscience, son sens moral et sa capacité de communion.

Le document insiste sur la dignité intangible de toute personne et met en garde contre les dérives possibles d’une IA utilisée de manière purement utilitariste ou économique. Il invite à discerner l’impact réel de ces technologies sur la justice sociale, les droits fondamentaux – y compris ceux que l’on désigne désormais sous le terme de « neurodroits » –, la protection des plus vulnérables et la sauvegarde de la liberté humaine.

En lien avec la tradition de l’Église, « Antiqua et Nova » valorise la vocation de l’homme à « cultiver et garder » la création. Dans cette perspective, le développement de l’IA peut être lu comme une forme de coopération avec Dieu, pour autant que les applications technologiques servent le bien commun. Grâce à des capacités d’analyse extrêmement puissantes, l’IA peut soutenir la recherche, l’éducation ou la santé. Mais le texte souligne qu’aucun algorithme ne doit remplacer le discernement éthique et la responsabilité morale qui reviennent, en dernier ressort, à la conscience humaine.

Loin de rejeter la technologie, l’Église encourage ses progrès lorsqu’ils contribuent au service de la personne. Toutefois, elle rappelle que la valeur de l’homme n’est pas liée à ses prouesses cognitives ou productives : une personne âgée, un enfant à naître, un malade inconscient ont la même dignité aux yeux de Dieu que tout génie ou expert en IA.

Enfin, le document propose des lignes directrices pour encadrer l’usage de l’IA. Il plaide pour une approche éthique s’appuyant sur le respect de la dignité humaine, la protection de la liberté et la recherche de la vérité. « Antiqua et Nova » appelle ainsi parents, formateurs et pasteurs à s’impliquer dans la réflexion sur l’IA, afin de préparer les nouvelles générations à un usage éclairé de ces outils, dans le souci constant de l’amour du prochain.

Par cette publication, le Vatican souhaite contribuer à une « nouvelle sagesse » qui, en associant spiritualité et rationalité, fasse de l’IA un levier pour le progrès humain, plutôt qu’un risque pour notre avenir. Il s’agit de reconnaître dans l’intelligence artificielle non un rival de l’esprit humain, mais un fruit de sa créativité, à mettre résolument au service de la vie et de la communion.

Vous trouverez l’intégralité du texte sur le site de l’Église de France ou sur celui du Vatican

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