Le Père Jean-Marie-Bouron

Le Père Jean-Marie-Bouron

Ce numéro d’Eglise en Périgord nous propose un large regard sur le rassemblement « Diaconia 2013 » que nous venons de vivre à Lourdes, 120 périgourdins au coude à
coude, au coeur à coeur, avec 12 000 frères et sœurs venus de toute la France.

Après des mois de préparation qui nous ont tenus attentifs à l’écoute des merveilles et des fragilités des gens de chez nous, il était important de se retrouver pour partager
et prier ensemble, pour faire la fête et nous réjouir de tout ce que l’Esprit de Dieu accomplit en chacun, croyants en Dieu ou croyants en l’Homme.

Passée la fête, c’est maintenant que tout commence ! Oser et servir la fraternité ne peut pas rester un beau slogan. Ici et maintenant, nous sommes appelés à oser et à servir la fraternité.

Servir la fraternité chez nous… un programme ambitieux que nous devons réaliser maintenant avec tous ceux, hommes et femmes de bonne volonté, que nous rencontrons chaque jour dans nos villages et nos quartiers, notre travail et nos engagements.

Pour nous qui cherchons comment être plus authentiquement disciples du Christ-Serviteur, le pape Benoît XVI, à l’occasion de la dernière Journée mondiale du Malade, a proposé « la figure emblématique du Bon Samaritain ».

« (…) La parabole évangélique narrée par saint Luc s’insère dans une série d’images et de récits sur la vie quotidienne, avec lesquels Jésus veut faire comprendre l’amour profond de Dieu envers chaque être humain, spécialement lorsqu’il se trouve dans la maladie et la souffrance. Mais, en même temps, avec les paroles qui concluent la parabole du Bon Samaritain, « Va, et toi aussi fais de même » (Lc 10, 37), le Seigneur indique quelle est l’attitude que doit avoir chacun de ses disciples envers les autres. (…) Il s’agit de puiser dans l’amour infini de Dieu, à travers une relation intense avec lui dans la prière, la force de vivre quotidiennement une attention concrète, comme le Bon Samaritain, envers celui qui est blessé dans son corps et dans son esprit, celui qui demande de l’aide, même s’il est inconnu et privé de ressources. »

Comme en écho à cette invitation de Benoît XVI, me revient en mémoire le chemin que Madeleine Delbrêl nous invite à suivre dans l’une de ses lettres : « Pour le chrétien, il n’y a pas moyen d’aimer Dieu sans aimer l’humanité ; il n’y a pas moyen d’aimer l’humanité, sans aimer tous les hommes ; il n’y a pas moyen d’aimer tous les hommes sans aimer les hommes qu’il connaît, d’un amour concret, d’un amour actif. »

« Nous n’avons pas de prochain clé en main ; la proximité se construit chaque jour… » proclame la déclaration finale du rassemblement de Lourdes. Alors dès aujourd’hui, ensemble, en Eglise, construisons cette proximité et osons concrètement servir la fraternité.

Jean-Marie Bouron
Vicaire épiscopal, Secrétaire général de l’Évêché