Le Père Jean-Marie-Bouron

Le Père Jean-Marie-Bouron

C’est au cœur de la deuxième session du Synode consacré à la famille que le pape François a choisi de canoniser, le 18 octobre prochain, Louis et Zélie Martin, les parents de la « petite » Thérèse.

Cette canonisation des époux Martin, ensemble, illustre ce que rappelait François dans l’une de ses catéchèses du mercredi, il y a quelques mois : « Toutes les familles sont appelées à se laisser sanctifier par Dieu pour être le lieu où l’Eglise et chacun pourra devenir « Saint » ».

C’est au sein de sa famille que Thérèse Martin a grandi, puisant dans l’amour de ses parents l’humilité et la force spirituelle qui allaient faire de la petite carmélite une grande sainte.

Tout en soulignant, comme nous le savons tous, que « les familles parfaites n’existent pas » – même les « saintes familles » (La Havane 2015), le Saint-Père a rappelé à Philadelphie que « sans la famille, même l’Eglise n’existerait pas ».

C’est le témoignage qu’ont donné ensemble, après leurs premières années conjugales difficiles, Cyprien et Daphrose Rugamba, massacrés ensemble à Kigali, avec six de leurs enfants, au premier jour du génocide qui ravagea leur pays.

Ensemble, mari et femme, ayant retrouvé la joie et la fécondité d’un couple réconcilié, ils ont fondé la première communauté de l’Emmanuel du Rwanda, et c’est, ensemble, que les chrétiens rwandais demandent à l’Eglise de reconnaître et proclamer leur sainteté.

« Etre saint, c’est être là où Dieu nous veut ». Nous pensons parfois qu’on a plus de chance de le devenir en étant prêtre ou religieux qu’en vivant l’existence, apparemment ordinaire, d’un époux ou d’une épouse, d’un père ou d’une mère de famille. Nous nous trompons…

Reconnaissant, au cœur du Synode, la sainteté des époux Martin, l’Eglise proclame, haut et fort, que la famille et l’engagement qu’elle constitue, est un véritable chemin vers la sainteté.

Père Jean-Marie Bouron, Secrétaire Général
Publié dans Eglise en Périgord N°19 – 2015