ANNONCE ET CHARITÉ…

J’espère que l’été vous aura permis de vivre repos, détente, rencontres familiales, et aussi ressourcement. Mais en ce mois de septembre, c’est la rentrée.

La rentrée, c’est penser à un nouveau départ. « Sortir » aime à nous dire le pape François. « Quitter », c’est-à-dire ne pas s’installer sur sa rive, dans le confort des habitudes, mais bien partir, « Allez au large et jetez vos filets », nous dit l’Évangile.

« Devenir disciples missionnaires » ajoute le pape. C’est ce que nous essayons de faire chaque année davantage. Tous, nous sommes envoyés, ici et maintenant. Envoyés aux jeunes, les scolaires, les étudiants et les professionnels, aux familles, aux personnes malades, aux personnes âgées et seules, mais également aux agriculteurs, au monde de l’entreprise dans la diversité des emplois, aux artisans et aux commerçants, au monde rural et aux nombreux villages, comme au monde urbain et aux quartiers populaires.

Il nous faut « sortir » pour rencontrer notre prochain, ceux et celles qui nous sont proches. « Sortir » vers de nouveaux réseaux, pour le dialogue interreligieux, l’attention aux élus et aux questions politiques, à la vie associative. Mais aussi « sortir » vers ceux et celles qui ont besoin d’aide et de soutien, qui sont sur le bord de la route, victimes du chômage ou contraints à migrer et à fuir des situations inhumaines.
Notre département a besoin de nous, parce qu’il a besoin de Dieu !

On a besoin de tous ! Personne n’est de trop !

Mais nous sommes un « petit peuple » avec des moyens limités, pour ne pas dire pauvre. Situation qui nous rappelle ce que Jésus disait au début de l’aventure avec ses disciples : « Priez le maître de moisson, car les ouvriers sont peu nombreux ».

Face à tous ces défis et conscient de nos petits moyens, je pense aussi au livre des Actes des apôtres qui peut nous éclairer en ce « nouveau départ missionnaire » de cette rentrée. Dans un moment d’urgence pastorale, que St Luc nous décrit (Ac 6,1) en parlant des personnes seules (veuves et orphelins…) qui étaient négligées et interpellaient la vie de la communauté sur un aspect fondamental, c’est-à-dire la charité envers les plus faibles, pauvres et sans défense, je suis profondément frappé du discernement des apôtres : demeurer fidèles à l’exigence première d’annoncer la parole, selon le mandat du Seigneur « de toutes les nations, faites des disciples » et de considérer, avec le même sérieux, le devoir de la charité et de la justice. Et, dans leurs décisions, laisser apparaître ces deux aspects fondamentaux de la mission.

S’inscrire résolument dans cette démarche d’Annoncer La Parole, nous le comprenons, c’est annoncer une parole vivante, de charité et de vérité, qui nous invite à nous laisser « saisir » par elle dans la confiance et la foi, pour qu’elle germe et porte son fruit en nous et au cœur du monde. N’oublions pas, pour ne pas tomber dans la tentation de se mettre au centre de la pastorale, ce que nous dit l’évangile de Jean : que la mission consiste d’abord à moissonner là où nous n’avons pas semé.

C’est bien l’objectif de la journée missionnaire du samedi 7 octobre 2017 qui s’adresse à tous les baptisés du diocèse et qui se déroulera dans l’établissement scolaire Saint-Joseph de Périgueux de 9h30 à 16h30. Objectif qui veut nous mobiliser autour de l’exigence première d’annoncer l’évangile en se donnant comme thème « Transmets la foi en Jésus, comment ? ». Ce rendez-vous c’est le nôtre à tous, mobilisons nos réseaux, soyons les acteurs de cette journée missionnaire qui se tourne résolument vers la mission.

Mgr Francis Bestion, évêque de Tulle, qui présidait la journée de clôture du pèlerinage de Notre-Dame de Capelou, nous a encouragés sur ce chemin de la mission par ces mots : « Vous avez fait confiance à Celui qui est le protagoniste de la mission, l’Esprit-Saint. Depuis la 1ère Pentecôte, il ne cesse de souffler pour gonfler les voiles de la Barque Eglise pour qu’elle avance malgré les vents contraires et les tempêtes ; par de multiples langues de feu, il embrase et réchauffe le cœur des missionnaires de l’Evangile ; il précède ces mêmes missionnaires pour leur ouvrir la voie en semant dans les cœurs les germes de la foi. »

Je le redis, on a besoin de tous ! Chacun a sa place. Certains sont en première ligne, « au front » comme on dit, d’autres plus particulièrement à la prière… mais tous en communion et à l’écoute de La Parole.

+ Philippe MOUSSET, Évêque de Périgueux et Sarlat,
publié dans Eglise en Périgord, N°9, 2017