christian-belaudL’œcuménisme est un mouvement à l’intérieur du christianisme, qui travaille à refaire l’Unité de l’Eglise du Christ, aujourd’hui encore divisée en quatre grands groupes : les Catholiques, les Orthodoxes,  les Protestants, les Anglicans.

Il faut aussi distinguer le dialogue œcuménique entre Eglises chrétiennes, du dialogue interreligieux qui se fait avec les religions non-chrétiennes comme le Judaïsme, l’Islam, le Bouddhisme etc…  D’immenses progrès ont été faits de part et d’autre, comme l’ont prouvé les rassemblements à Assise commencés en octobre 1986.

Des divisions dès le début :

L’Eglise de Jésus Christ a connu des divisions dès le début, au temps-même des Apôtres. L’Eglise n’est-elle pas composée d’hommes fragiles comme toutes sociétés ? Durant le premier millénaire, grâce en particulier aux conciles œcuméniques, l’Eglise a pu surmonter les difficultés internes et préserver son unité. Par contre, le second millénaire a été marqué par trois grandes séparations : au 11ème siècle, ce fut la rupture entre l’Eglise d’Orient (Constantinople) et l’Eglise d’Occident (Rome). Les fidèles Orientaux formèrent les Eglises dites « orthodoxes ». Puis au 16ème siècle, Luther et Calvin se séparèrent de Rome pour former le mouvement protestant, constitué aujourd’hui d’une multitude de Confessions chrétiennes. Au 16ème siècle également, comme conséquence d’un conflit personnel opposant le roi Henri VIII au pape Clément VII, débutait l’Eglise Anglicane.

Au 20ème siècle :

Le 20ème siècle a connu une saine réaction. Ce furent d’abord de timides tentatives d’ouverture et de rapprochement, mais sans grand succès, parce que Rome considérait  l’Unité comme un retour pur et simple dans l’Eglise Catholique.

Puis en 1935, l’abbé Couturier, prêtre de Lyon, renouvela la « Semaine de l’Unité » en proposant à l’ensemble des chrétiens de toutes Confessions de prier pour l’Unité « telle que le Christ la veut et par les moyens qu’il voudra ». C’est ainsi que la Semaine de l’Unité, fixée chaque année au mois de janvier, est  devenue universelle.

Après la guerre, dans les années 50, deux événements ont contribué à accélérer le mouvement œcuménique. Du côté protestant, ce fut en 1948, la constitution du Conseil œcuménique des Eglises (COE) qui permit de rassembler les multiples Eglises protestantes. Ce Conseil professe la foi des premiers conciles du 1er millénaire. En 1961, les Eglises Orthodoxes adhérèrent au COE,  mais l’Eglise catholique se contenta d’envoyer des observateurs. Du côté catholique, ce fut Jean XXIII et le concile Vatican II qui donnèrent au mouvement œcuménique un développement extraordinaire et inattendu.

Et aujourd’hui ?

Désormais on ne compte plus les initiatives de rapprochement, les différents niveaux de collaboration, de mises en commun, d’actions menées ensemble au plan social et humanitaire. Tout récemment, les héritiers de Luther et ceux de Calvin se sont unis. L’Eglise protestante unie de France, qui réunit Réformés et Luthériens, a célébré son premier synode national à Lyon. Selon le pasteur Laurent Schlumberger : «  les oppositions sont beaucoup moins tranchées qu’autrefois entre les héritiers de Luther et ceux de Calvin. S’il n’y a plus de divergences fondamentales, des sensibilités très différentes demeurent ». Cette Eglise unie a été constituée pour rendre un meilleur témoignage à l’Evangile.

L’œcuménisme est bien en marche et aujourd’hui toutes les Eglises chrétiennes s’en félicitent. Retenons ce que le Pape Jean-Paul disait :  « Certains prétendent que la religion bloque le chemin de l’humanité vers la paix et la prospérité. En tant que responsables religieux, nous devons démontrer que ce n’est pas vrai. »

Christian Belaud

Vicaire épiscopal pour l’ensemble pastoral
du Périgord Vert