La mission, encore la mission… D’aucuns disent qu’on en parle trop, comme si c’était nouveau dans l’Église catholique. Reconnaissons au moins que la démarche missionnaire dans l’Église de France a trouvé ces dernières années de nouvelles formes d’expression !
Nous sommes d’accord, l’Église n’a jamais existé pour autre chose que pour « la mission » : étymologiquement, pour « être envoyée ». Envoyée dans le monde, au-devant des hommes qui ignorent encore le Christ Voie du Salut.

Mais l’Église s’incarne dans chacun de ses membres. Tous ont-ils vraiment conscience de leur vocation missionnaire ? Ont-ils au moins le désir de diffuser la bonne odeur du Christ, dont ils ont été imprégnés à leur baptême et plus encore au jour de leur confirmation ?

Mgr Gosselin, au rassemblement des prêtres à Capelou, nous rappelait de manière amusante comment éveiller un désir : pour faire boire un âne qui n’a pas soif, mettez auprès de lui un autre âne qui boit abondamment, avec un plaisir manifeste…

N’existe-t-il pas dans nos paroisses encore beaucoup de croyants désabusés, beaucoup d’« ânes » qui n’ont pas assez soif ? N’auraient-ils pas besoin eux aussi qu’on leur porte encore la bonne odeur du Christ, de ce Christ qui s’est réjoui de la joie de ses disciples au retour de leur mission ?

Nous qui nous intéressons à la marche de notre Église (puisque nous lisons le bulletin diocésain), ne nous laissons pas décourager par leur résignation. Ne les ignorons pas non plus : osons aller « boire » tout près d’eux. Si nous avons goûté la joie d’être l’Église missionnaire, la joie de la mission, sous les multiples formes qui nous sont proposées dans notre diocèse, n’ayons pas peur de témoigner de cette joie !

Père Sébastien Revirand, CRSV,
vicaire épiscopal pour l’Ensemble Pastoral du Périgord-Centre,
publié dans Eglise en Périgord, N°10, 2017