Françoise Liboutet

Françoise Liboutet

Conçues avec passion, elles sont baptisées ou bénies dès leur naissance. Elles vivront alors cachées, entourées de leurs petites ou grandes soeurs ; seuls quelques privilégiés pourront leur rendre visite. Elles ne se montrent guère mais savent se faire entendre, en agaçant même certains. On finit par ne plus les écouter, mais lorsqu’elles se taisent, leur voix nous manque.

Si je vous dis que, pour se faire entendre de nous, elles logent au plus haut de l’église, vous aurez sûrement deviné que ces mystérieuses inconnues sont les cloches qui rythment, depuis des siècles, la vie de nos villes et villages !

Instruments liturgiques, les cloches annoncent à la communauté la célébration des offices, et la façon dont elles sonnent est un véritable langage : voix de la prière, l’Angélus, trois fois par jour, appelle chacun à s’associer à la liturgie des heures ; voix de la pénitence, le glas invite les vivants à prier pour le défunt et leur rappelle qu’ils doivent se préparer à leur propre passage ; voix de la louange, des sonneries joyeuses célèbrent baptêmes et mariages ; voix de l’espérance, celles qui se sont tues pendant trois jours sonnent à la volée pour la vigile pascale.

Pour le cardinal Vingt-Trois, elles forment une voix « qui parle au coeur de l’homme, à ceux qui croient en Dieu et qui accueillent cette voix comme un symbole de l’appel que Dieu leur adresse pour conduire leur existence et les rassembler pour prier ensemble ».

Lien entre le ciel et la terre, elles sont la voix du Père qui appelle Son peuple. Comme la cloche vibre en sonnant, sachons ouvrir l’oreille et laisser vibrer notre coeur à la Parole et aux sacrements. Faisons sonner et résonner en nous l’appel du Seigneur : « Prêtez l’oreille ! Venez à moi ! Ecoutez et vous vivrez » (Isaïe 55, 3).

Françoise Liboutet
Responsable du Service diocésain de la Pastorale des Réalités du Tourisme et des Loisirs

Paru dans Eglise en Périgord N°21