APPELÉS À NOUS RESSAISIR !

Chers frères et sœurs, chers amis,

Le mercredi des Cendres 5 mars s’ouvre notre longue marche vers Pâques.

C’est la route du Carême qui commence par une prise de conscience de notre identité : « Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière » (Gn 3, 19).

Elle commence aussi par un acte de confiance en un Dieu qui, sur les chemins de nos vies, ne veut laisser personne sur le bord de la route : « Seigneur notre Dieu, toi qui ne veux pas la mort du pécheur, mais sa conversion… » (Oraison des Cendres).

Ainsi, en commençant ce temps privilégié, nous voulons répondre à l’appel du Christ : « Convertissez-vous, croyez à l’Evangile » (Mc 1, 15).

En choisissant de répondre à cet appel, nous manifestons notre désir de vivre de la nouvelle du Christ Ressuscité et d’avancer vraiment sur un chemin de conversion.

Aussi, accueillons le Carême comme un moment favorable pour nous ressaisir.

  • En apprenant ou en réapprenant à PRIER.

Nous devons prendre le temps, dans une vie agitée, de nous recueillir.
En acceptant tous les jours de nous mettre quelques minutes devant le Seigneur pour nous laisser saisir par Lui. Ouvrir le livre de la Parole de Dieu pour écouter Jésus qui nous révèle le vrai visage de l’homme vivant.
Prier à l’image de Jésus qui savait prendre du temps, échappant à la foule pour la mieux retrouver après son dialogue avec le Père.
Essayons donc de faire silence en nos vies, de sortir de la superficialité de certains emplois du temps pour donner priorité à l’Essentiel.

  • En apprenant ou en réapprenant à JEUNER.

L’ascèse est une réalité qui nous fait peur.
Nous n’avons pas l’habitude de nous priver même si, aujourd’hui chez nous, beaucoup de nos concitoyens vivent dans des conditions précaires et connaissent l’inquiétude du lendemain.
Certes, l’Eglise nous rappelle certains actes pénitentiels significatifs : le maigre du vendredi ; le jeûne et le maigre du mercredi des Cendres et du Vendredi Saint ; la maîtrise de nos instincts.
Mais surtout, elle attire notre attention sur l’importance de notre style de vie. S’inspire-t-il du Christ et des encouragements de l’Eglise ou bien, sous prétexte de modernité, s’inspire-t-il des complicités subtiles avec la mode, les mondanités et le péché ?
Avec tous nos frères chrétiens, mais aussi avec tous ceux qui souffrent de la faim, d’un manque de liberté ou de dignité, avec tous ceux pour qui la vie quotidienne est une ascèse imposée, entrons dans ce jeûne du Carême comme dans le bain d’une nouvelle naissance.

  • En apprenant ou en réapprenant à PARTAGER.

La véritable conversion au Dieu de Jésus-Christ passe par un amour plus réel, plus fort de nos frères, des pauvres en particulier (cf. le message du Pape François pour le Carême 2014, page 5). Cette année reste marquée par la précarité de l’emploi, la persistance du chômage, l’extension de la pauvreté, le manque de perspective d’avenir pour beaucoup de jeunes.
Raison de plus pour nous entraider, pour développer la solidarité à l’intérieur de nos communautés ou à travers des associations ou des mouvements qui s’emploient à rejoindre et à servir les personnes diversement fragilisées.
Arrachons de nos vies l’individualisme et l’inertie pour nous engager au service des plus déshérités que soi. Et rappelons-nous, en soutenant ses appels, que le Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement (CCFD) nous invite au partage avec les plus déshérités qui sont loin.
Nous ne devons pas oublier tous ceux et celles qui, dans le Tiers-monde, vivent dans des situations encore plus tragiques que chez nous, marqués par la malnutrition, le manque de soins médicaux, l’extrême pauvreté, quand ce n’est pas la violence aveugle ou le regroupement dans des camps de réfugiés où règnent misère et promiscuité.

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Le Carême aussi est un temps qui nous permet d’approfondir notre foi. C’est pourquoi le Diocèse va proposer 14 fiches intitulées « Au fil de l’eau, entrer dans la foi » qui vont nous permettre de découvrir et d’approfondir, personnellement et en groupe, notre foi. N’hésitez pas à les demander dans vos paroisses et à constituer des groupes pour les travailler et ainsi grandir ensemble dans la foi.
De plus, je rappelle la journée diocésaine pour tous du mardi 25 mars au Lux (9 h 30 – 16 h 30) avec Monseigneur Bernard Podvin, Porte-parole des Evêques de France, qui nous aidera à entrer dans la nouvelle évangélisation à la lumière de l’exhortation apostolique du Pape François, « La joie de l’Evangile ».

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Ce temps ne sera véritablement conversion que si nous allons jusqu’à l’accueil du pardon du Seigneur dans le Sacrement de Réconciliation.
Ce sacrement reçu personnellement témoigne pour la communauté chrétienne et pour tous les hommes marqués par l’échec et le péché, que le Dieu de Jésus-Christ ouvre largement Son pardon à tout homme de bonne volonté, qu’il n’y a pas d’échec définitif et que Dieu est plus grand que notre cœur.

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Je n’oublie pas que ce Carême va s’ouvrir au moment des élections. Je souhaite vivement que ce temps ne soit pas un temps de divisions.

Certes, il est normal qu’oppositions et tensions apparaissent et s’expriment ; mais que ce ne soit jamais le prétexte pour déchirer le tissu social et d’empoisonner la vie de la Communauté humaine ; que cette période, au contraire, soit l’occasion de véritables débats de société, d’un temps d’éducation civique et de moralisation publique, de réflexion sur notre société, sur la place active que nous y prenons, sur les valeurs qui l’inspirent et que nous voudrions promouvoir, dans le respect des différences.
Ces élections doivent se préparer par une information de qualité, la réflexion sérieuse personnelle et en groupe, le désir de servir et de participer au bien commun, la maîtrise nécessaire pour veiller à respecter ceux qui ne pensent pas comme nous, éviter les débordements de toute sorte (calomnies, médisances, vengeances…) et s’employer, en cas de conflit, à faire que des adversaires ne deviennent pas ennemis.

A propos des élections toutes proches, on lira avec attention et on fera connaître dans les paroisses, la presse et partout où cela sera possible, le communiqué de notre Conseil Pastoral Diocésain. (page 14)

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Engageons-nous sur la longue route du Carême, résolument et avec foi.

Elle nous conduira à faire mémoire de l’événement de la mort et de la Résurrection du Seigneur que nous célèbrerons au cours de la Semaine Sainte (13-20 avril). Et le jour de Pâques, nous pourrons chanter « Alleluia » avec les 12 adultes qui seront baptisés dans notre diocèse.

«  Le Christ ressuscité et glorieux est la source profonde de notre espérance, et son aide ne nous manquera pas dans l’accomplissement de la mission qu’il nous confie »  (Pape François, La joie de l’Evangile, n°275)

Ressaisissons-nous. Bon Carême à tous.

Je vous assure de ma communion fraternelle et de ma prière.

+ Michel MOUÏSSE
Evêque de Périgueux et Sarlat