Plusieurs participants à notre voyage en Terre Sainte m’ont fait part de leur émotion lors du temps de prière au bord du Jourdain.

C’était un temps de prière simple : un chant, un psaume, une prière, un geste. L’appel de Dieu, la réponse du Christ, celle de Jean-Baptiste, la nôtre…

Pour certains, la simplicité des lieux a joué : l’authenticité, comparée à la surcharge, souvent moins bien vécue, de la grotte de la Nativité, ou de la basilique du Saint Sépulcre.

Pour d’autres, le fait d’être là aux côtés de Jésus et de retrouver la source du baptême, l’appel profond.

134 participants, 134 façons de se situer, probablement !

Le Jourdain, à cet endroit-là n’est plus qu’un ruisseau, de moins de 10 mètres de large, aux eaux calmes : l’eau a été pompée pour cultiver et nourrir le pays d’Israël et la Jordanie.

C’est instructif : nos vies sont en tension, partagées, pompées, parfois conflictuelles. Le débit peut être tonitruant ou stagnant, les eaux paraître pures ou un peu boueuses… C’est en elles que le Christ veut venir. C’est au cœur de ces vies qu’il veut que nous entendions « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. »

C’est là que nous avons à contempler une authenticité préservée. Le Jourdain, fleuve « sacré », signe, dans notre voyage, que « tout homme est une histoire sacrée ».

Les tensions à l’intérieur de l’Eglise et entre Eglises n’arrêteront pas non plus la fécondité du Christ. Cela doit nous rappeler une plus grande fraternité à toujours rechercher, mais aussi une solide espérance.

Toute la pastorale du pape François est de nous rappeler cela : que la joie de l’évangile est à découvrir en toute chose, et que chaque cours d’eau, aussi petit semble-t-il, est appelé à irriguer une terre.

Que ceux qui ont participé au voyage puissent s’en persuader pour eux-mêmes. Que nous puissions aussi irriguer ceux qui n’ont pas pu venir, et les pousser à irriguer à leur tour…

 

Le Père Philippe Demoures

Père Philippe Demoures,
Vicaire épiscopal pour l’ensemble pastoral du Sarladais