Gabriel, tu t’en vas. C’est un peu tôt.

Nous savions que ta santé te causait de graves problèmes. C’est un peu tôt quand même.

La délégation diocésaine du CCFD-Terre solidaire, son équipe locale de Bergerac, moi personnellement, la région Aquitaine-Poitou-Charentes aussi – je peux le dire suite à un appel téléphonique reçu hier d’un des salariés de notre association –  perdent une petite lumière, un petit souffle grâce auxquels tu amenuisais, sans que tu t’en rendes compte, leurs fatigues militantes.

Ton ombre, du fin fond du Périgord, nous la sentions sur nos pas.

Tu étais discrètement disponible, répondant comme tu le pouvais à nos demandes d’intervention. Pas seulement les nôtres du CCFD Terre-solidaire, car c’est le service de l’Eglise toute entière qui te motivait ou plutôt… (pardonne-moi si je me trompe), le service de l’Evangile, le service du Christ, de Jésus sans qui, tout ce que nous faisons, par le CCFD-Terre solidaire, pour la fraternité universelle n’a aucun sens.

Je n’oublie pas que tu as écrit un livre que Simone, ton épouse, m’a donné « Il faut aimer l’Eglise, nom de Dieu ! » mais quand j’ai émis des doutes sur le bien-fondé de ce titre tu m’as avoué que ce n’était pas toi qui l’avait choisi. L’Eglise, tu l’aimais, c’est certain ; néanmoins elle te procurait l’occasion de « coups de gueule » que l’hommage simple et digne rédigé par la direction actuelle du CCFD Terre solidaire rappelle.

Tout cela Gabriel, de loin, ça nous aidait, ça nous encourageait et nous en avions besoin tellement le goût pour la fraternité universelle, pour une solidarité internationale conséquente, mature et responsable semble peu désiré chez nos contemporains.

En toi nous perdons beaucoup. Ta présence qui n’a jamais voulu influencer nos décisions, ni directement, ni par l’intermédiaire de Simone engagée avec l’équipe locale qu’elle a formée sur Sarlat, nous manquera.

Une lumière, un souffle, comme je le disais tout à l’heure, un grand frère nous quittent. Mais peut-être pas…

Aux côtés du Seigneur, j’en suis certain, tu nous inspireras et nous appuieras encore davantage. Gabriel, merci pour hier. Merci pour demain.