Le Père Philippe Doumenge

Avez-vous déjà vu des personnes transpirer comme il n’est pas permis, trottinant le long des trottoirs en ville, ou sur nos routes de campagne baskets aux pieds ? C’est, comme on dit, du sport ! Rien de tel pour entretenir la santé et l’on devine que certains se prépareraient ainsi à courir le marathon pour en remporter la coupe.

Eh bien aujourd’hui je vous propose, l’Eglise nous propose, de faire nous aussi du sport. Non pas pour notre santé physique, mais bien pour la santé de notre âme ! Un sport qui ne fait pas d’envieux, car il est praticable par tous : petits et grands, jeunes et vieillards, chauves ou bossus, tout le monde !

Une épreuve de haut niveau, accessible à tous, faite pour les nuls en sport comme pour les nuls en vie spirituelle : je veux parler de l’entraînement du Carême ! Car aujourd’hui il s’agit bien de cela. Nous sommes tous sur la ligne de départ pour ce marathon depuis le Mercredi des Cendres, entraînement pour nous préparer aux fêtes pascales qui approchent, et arriver à la victoire du Christ ressuscité !

Cette épreuve, puisque c’en est une, est en fait un triathlon, une compétition à trois épreuves.

La première épreuve : la prière. Il faut donc s’y mettre ou s’y remettre. La palme de la prière est bien évidemment la foi en Dieu. Comme on déploie sa musculature, la foi se déploie dans l’exercice de la prière tous les jours et à la messe tous les dimanches.

La deuxième épreuve de ce triathlon est le jeûne. C’est un entraînement à la maîtrise de soi. La privation volontaire de choses bonnes pour nous recentrer sur l’essentiel qui est la soif, la faim de Dieu. Le prix de cette épreuve est certainement l’espérance en Dieu car c’est ainsi que l’on retrouve la confiance en soi.

La troisième épreuve de notre triathlon, vous l’avez deviné, c’est l’aumône. Partager avec celui qui a faim, celui qui est seul, celui qui est différent, malade, délaissé, abandonné et même perdu… la palme de cette épreuve est bien sûr la charité, l’amour du prochain.       C’est d’ailleurs dans cette épreuve que notre entraînement atteint son sommet. Car la charité, n’est-elle pas la perfection de la vie chrétienne ?

Cet entraînement spirituel diffère tout de même de l’entraînement sportif proprement dit.

Il a un effet incroyable : rien ne se voit mais ça change tout !

Pas de transpiration, pas de tachycardie, pas de mine défaite après l’effort… un sport invisible aux yeux des hommes mais dont le Seigneur se réjouit avec tous ceux qui sont à la tribune : la Vierge Marie et tous les saints !

Et puis, frères et sœurs, qui gagne dans cette compétition vers Pâques ?

Finalement tout le monde est appelé à gagner puisque rien ne se verra à la manière des hommes. Mais en fait ce sport spirituel consiste à laisser le Christ gagner en nous, à nous laisser vaincre par lui afin que ce soit lui et lui seul le grand gagnant de ce triathlon !

Si bien qu’à Pâques, oui, nous partagerons tous sa victoire !

A vos marques, prêts, Vivez !

Père Philippe Doumenge, Vicaire épiscopal pour le Ribéracois

Editorial paru dans Eglise en Périgord en mars 2017