Le Père Jean-Marie-Bouron

Le Père Jean-Marie-Bouron

« L’urgence n’est pas d’abord de se dire comment va l’Eglise, mais comment va l’humanité. »

Ces paroles que, le 14 juin dernier, notre évêque adressait au jeune ordinand sont une invitation lancée à toute l’Eglise diocésaine. Invitation aux communautés catholiques du Périgord à « sortir d’elles-mêmes » pour ne pas vivre « repliées sur elles-mêmes et pour elles-mêmes », mais à trouver la force « d’aller et porter l’Evangile » là où il n’est pas entendu et reçu.

Comment va l’humanité ?

Dans sa récente encyclique, le pape François adresse à tous une invitation urgente à « sauvegarder la maison commune ». Depuis le début de son pontificat, il partage son souci de « porter le Christ en tout milieu, jusqu’aux périphéries existentielles, également à ceux qui semblent plus loin, plus indifférents », « préférant mille fois une Eglise accidentée à une Eglise malade. » Évoquant la menace d’une « troisième guerre mondiale par morceaux » et la « mondialisation de l’indifférence », François dénonce les « massacres dans les pays d’Afrique », et « le silence devant la persécution des chrétiens d’Orient ».

Cette attention à la vie concrète des hommes et des femmes du monde, le Concile Vatican II avait déjà proclamé  son lien essentiel avec l’annonce de l’Evangile : « Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur. Leur communauté, en effet, s’édifie avec des hommes, rassemblés dans le Christ, conduits par l’Esprit Saint dans leur marche vers le Royaume du Père, et porteurs d’un message de salut qu’il faut proposer à tous. » (Gaudium et Spes § 1).

Comment va l’humanité ?

La semaine dernière, un récent quotidien régional titrait : « Dordogne : le plus haut taux de suicide de la région». « Chaque année, une centaine de personnes décident de mettre fin à leurs jours… Plusieurs facteurs se cumulent pour expliquer ce triste record : pauvreté, niveau médian de salaires bas, isolement familial et social, ruralité, personnes âgées plus touchées… »

Comment les joies, les angoisses et les espoirs des hommes et des femmes du Périgord, des jeunes comme des plus anciens, trouvent-ils écho dans nos cœurs ? C’est à cette portion de l’humanité, qui est la nôtre, que nous sommes invités à porter la Bonne Nouvelle de l’Evangile. C’est là le « chantier » ouvert pour notre Eglise diocésaine au cours de la prochaine année. Chantier toujours ouvert et sans cesse à reprendre.

P. Jean-Marie Bouron, secrétaire général de l’évêché