L’an dernier je vous faisais part de ma conviction profonde sur l’obligation et le devoir de chaque chrétien de soutenir notre Eglise par le biais du don. Je souhaite aujourd’hui compléter ce propos par un développement sur les devoirs que ces dons imposent à notre Eglise.

Le principe qui régit le fonctionnement économique de l’Eglise comme institution humaine est celui dit des «recettes affectées». Chaque don sollicité l’est en fonction d’une finalité préétablie et clairement signifiée aux donateurs.

Ainsi, la quête ordinaire du dimanche a pour vocation d’aider les paroisses dans leurs frais quotidiens ; le denier est dévolu aux traitements et charges du clergé diocésain et aux salaires et charges des laïcs salariés rattachés à l’évêché (administratifs et missionnés) ; les quêtes impérées pour les chantiers diocésains pourvoient à l’entretien des biens immobiliers du diocèse ; celle vouée au Denier de Saint-Pierre est la contribution annuelle de notre diocèse à la vie matérielle du Saint Siège ; celles réclamées pour la pastorale des jeunes permet au diocèse de soutenir le service diocésain de la pastorale des jeunes, mais aussi la pastorale catéchétique, les aumôneries de l’enseignement public, le catéchuménat, le fonctionnement de la direction diocésaine de l’enseignement catholique et celui du siège périgourdin de l’aumônerie catholique des jeunes du Périgord Centre ; etc., etc.

Force est cependant de constater qu’année après année, le fossé se creuse entre recettes et dépenses affectées. Chaque quête impérée rapporte une moyenne d’environ 5.000,00 € quand les dépenses afférentes sont, elles, d’environ trois fois plus !

Le denier quant à lui ne couvre jamais qu’un maximum de 75 à 80% des charges auxquelles il est affecté. Notre principe moteur dit de la recette affectée qui conçoit tout naturellement le don comme principale ressource de l’Eglise est de plus en plus mis à mal. Les recettes issues de nos placements financiers, les quelques revenus locatifs que le diocèse a pu se constituer petit à petit grâce en particulier aux legs et, plus largement, les successions dont nous bénéficions complètent encore à ce jour les différentiels croissants entre recettes et dépenses affectées. Mais pour combien de temps encore… ?

Tout don procédant de la libéralité de Dieu, l’espérance et la confiance restent de mise et, fidèle à l’adage qui veut que toute initiative reçoive un coup de pouce du ciel (« aide-toi, le ciel t’aidera »), nous tentons depuis plusieurs années de multiplier les initiatives et de nous montrer inventifs dans les moyens de collecter les dons. Mais il convient de rendre compte en vérité. La Loi nous oblige aussi et tous les expédients ne nous sont pas accessibles ou dans des proportions limitées, au risque, sinon, de modifier notre nature, de porter atteinte à nos statuts.

Quoi qu’il en soit, si le don entraine la reconnaissance, il est aussi pour nous signe et devoir de rigueur.

  • Rigueur dans l’emploi des ressources mises à notre disposition.
  • Rigueur dans les comptes rendus et les comptes tenus.
  • Rigueur dans l’emploi des biens immobiliers diocésains (pour mémoire, la gratuité n’existe pas, c’est un leurre… Il y a toujours quelqu’un qui paye à un moment ou à un autre !).
  • Rigueur dans la politique pastorale et mesure concertée dans les initiatives.
  • Rigueur dans les créations d’emplois.

Qui veut voyager loin, ménage sa monture !

N’est-il pas temps de retrouver d’autres ressorts que le seul recours financier ? L’Eglise a besoin d’argent, parlons net, elle a aussi besoin de se délester de certaines charges, de certaines lourdeurs et de retrouver une certaine simplicité dans son fonctionnement.

C’est un des enseignements à tirer de la situation que nous traversons.

Yves Marie DELPIT, Econome Diocésain
publié dans Église en Périgord, N°7, 2017