leon bloy

Centenaire de la mort de Léon Bloy

Le 2 novembre 1917 ( année des Apparitions de Fatima ). Léon Bloy quittait ce monde. Il avait 71 ans, étant né en 1846, soixante – dix jours avant l’apparition de la Vierge à la Salette – Son lieu de naissance est la maison appelée «  FENESTREAU » sur les hauteurs du quartier de Saint Georges, proche de l’actuelle maison de retraite des Cébrades. Il a vécu également rue Séguier. Six garçons turbulents : telle était la famille de M Bloy, conducteur des Ponts et chaussées, à Périgueux, sous le règne de Napoléon III. Son père a des sympathies maçonniques tandis que sa mère, d’origine espagnole, est « une chrétienne des anciens jours », comme le dit Léon lui-même. La personnalité de l’écrivain prendra sa forme sous cette double influence.
Léon est révolté, taciturne et solitaire, peu doué pour l’étude. Tempérament mélancolique qui l’expose dès son jeune âge au mal de vivre.

Une vie compliquée.

Il va au début au Lycée de Périgueux ( B. de Born ) mais en 1864, son père l’envoie à Paris. Il entre comme commis au bureau de l’architecte principal de la Compagnie d’Orléans : les débuts de la SNCF. Puis il va s’inscrire aux Beaux-Arts en quête d’une voie difficile à tracer. 1867 : rencontre de Bloy avec Barbey d’Aurevilly qui va bouleverser son existence. Commence alors une belle amitié avec celui qui sera pour Bloy un maître qui le conduit à renouer intellectuellement avec la foi de son enfance. Guerre de 1870, Bloy est incorporé dans les «  Mobiles de la Dordogne » Il se fait remarquer pour sa bravoure à la bataille de VIBRAYE où il sauve une vingtaine de ses camarades pris sous la mitraille allemande. Démobilisé, il revient à Paris et est engagé au journal de Louis Veuillot, «  L’Univers ». Avec ses débuts de journaliste, il a le rôle de catholique intransigeant . Il est repoussé par le monde catholique qu’il effarouche. Veuillot va se débarrasser de lui. Voici Bloy comme un paria. Il va subir plusieurs échecs et il va affronter l’épreuve de la misère. Rencontre avec l’abbé Tardif de Moidrey, prédicateur et savant exégète qui va transmettre sa dévotion à Notre Dame de la Salette.à Léon Bloy.

Celui-ci aura en suite une passion dévorante pour Anne-Marie ROULE, prostituée occasionnelle que Bloy convertit. Anne-Marie sombre dans la folie et meurt en 1882 à Sainte Anne de Paris : Bloy est brisé et au seuil du désespoir. Moment important de crise spirituelle, entrée au « Chat Noir », rencontres avec littéraires et écrivains. Avec en particulier VILLIERS de L’ISLE. Adam et cela deviendra une profonde amitié. Puis c’est la rencontre avec HUYSMANS et le groupe se donne le nom de Concile des gueux. » Vie de bohème, liaisons éphémères avec en particulier Berthe Dumont , l’héroïne de « La Femme Pauvre ». En 1886, c’est le roman « Le Désespéré », un livre sombre, à la limite de la révolte et du blasphème, l’histoire de Caïn Marchenoir, le double de Bloy.

Mais qui est vraiment Bloy ?

Notre compatriote n’a pas été épargné par des clichés qui ont donné une réputation de « marginal », de féroce qui assène brutalement ses terribles formules. Assurément, une destinée singulière qu’un connaisseur, Pierre Glaudes, appelle celle « d’un chrétien intégral » qui avait une « fringale d’Absolu » Il a été un chrétien en guerre contre ses coreligionnaires, dénonçant mensonge et hypocrisie. Il mourut humblement dans son lit. Soyons positifs avec lui : au début du XX ème siècle ,il est peut-être cet homme qui a rappelé et rappelle aujourd’hui au début du troisième millénaire les derniers articles du CREDO, à savoir le Jugement, la Fin du monde, la communion des Saints, la Résurrection de la chair. Oui, Léon Bloy est un converti excessif, comme la plupart des convertis. Peut-être a-t-il forcé la main à l’Église pour son plus grand bien. Comme l’a souligné un spécialiste de Bloy, Marie-Joseph LORY, «  il a piétiné le vieux jansénisme qui glaçait l’atmosphère chrétienne, il a redonné la vie aux âmes que le rationalisme desséchait. Léon Bloy n’est devenu ni un homme d’Église, ni, bien entendu, un Père de l’Église ! Peut-être fait-il penser à un prophète de l’Ancien Testament ».

Mais « pèlerin de l’Absolu », assoiffé d’Évangile avec les paroles du Christ venu pour que les hommes aient la vie en abondance, Léon Bloy, je crois, est un contemporain invitant les chrétiens que nous sommes à considérer dans nos vies et nos actes que Jésus-Christ est LE CHEMIN.

Jean-Claude Peteytas

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