Rencontre avec Pierre Plantié, futur prêtre diocésain

À quelques jours de son ordination presbytérale, dimanche 3 juin à 16h, en la cathédrale Saint-Front de Périgueux. Nous sommes allés à la rencontre de Pierre Plantié pour recueillir ses sentiments sur ses sept années de séminaire et son futur rôle de prêtre.

Église en Périgord – Bonjour, pourriez-vous vous présenter pour celles et ceux qui ne vous connaîtraient pas encore ?

Pierre Plantié – Je m’appelle Pierre Plantié, j’ai bientôt 54 ans. Je suis né à Périgueux où j’ai vécu jusqu’au baccalauréat. Après des études de droit terminées à l’Université de Bordeaux, le service militaire, de retour en Dordogne, j’ai travaillé 17 années, avant l’entrée au séminaire, à la Chambre de Commerce et d’Industrie. Responsable d’un service accompagnant les entreprises de la Dordogne, j’ai beaucoup apprécié le contact avec les entrepreneurs, le management d’équipes et la gestion de projets tournés vers l’innovation, les NTIC (Nouvelles technologies NDLR), la recherche de financement, l’international…

J’ai choisi de devenir prêtre dans le diocèse de Périgueux, parce qu’il s’agit de mes racines, je m’y sens très bien ! Par mon travail à la Chambre de Commerce et d’Industrie, j’ai appris à connaître ce département  économiquement certes, mais pas seulement, et c’est important de savoir où l’on pose ses pieds. Cela évite d’arriver en conquérant.

C’est dans ce diocèse que j’ai reçu la foi, que les premiers fidèles m’ont accueilli, que le Père Thomas Magimel m’a adressé la question du sacerdoce, qu’un évêque, Monseigneur Mouïsse, a décidé de m’accompagner au long du séminaire et qu’un autre, Monseigneur Mousset, a poursuivi l’aventure. Les rencontres sont essentielles. Il aurait été plus confortable, et c’est à voir, de choisir un plus grand diocèse ou une communauté. Je ne sais pas si un tel diocèse ou communauté m’aurait accueilli, mais ce que je sais, c’est que c’est un beau défi que d’annoncer l’Évangile dans un diocèse dans lequel le nombre de prêtres diminue, dont la ruralité est forte, les réalités humaines diverses… Ce qui peut apparaître comme un obstacle est très certainement un atout, il faut être imaginatif.

E.P. – Il se passe de nombreuses années entre l’appel et l’ordination. Comment vit-on les différentes périodes, notamment les années de séminaire ?

P. P. – Je les ai vécues heureusement même si, comme dans toute vie, il y a des moments plus longs, plus durs. Intellectuellement, ces 7 années ont été riches, philosophie, exégèse et théologie notamment sont des matières inépuisables mais indispensables pour construire les futurs prêtres. Il s’agit d’être armé face aux questions diverses des personnes, aux situations variées. La vie fraternelle est belle, parfois âpre, elle demande de savoir s’accueillir les uns les autres. Bien sûr, la confrontation avec le réel manque.

E.P. – Vous avez passé un an en tant que diacre dans la paroisse Saint Jacques en Bergeracois, qu’y avez-vous appris ?

P. P. – J’ai évidemment découvert la vie d’une paroisse sous ses différents aspects, la liturgie, les groupes variés (aumôneries, jeunes professionnels…), l’enseignement catholique, les funérailles, la préparation aux sacrements (baptêmes, mariages)… Je remarque également que le prêtre évolue sur un territoire plutôt vaste dont il doit connaître le profil sociologique et économique pour mieux s’y mouvoir et y accueillir les différentes réalités humaines. Les publics qu’il rencontre sont divers, les catholiques pratiquants bien sûr, mais aussi ceux qui pratiquent moins ou « pas assez » (c’est le titre d’un ouvrage récent) et ceux qui sont éloignés du Christ. Dans tous les cas, c’est une grande joie que d’accueillir chacun et de favoriser ou d’affermir la rencontre avec le Christ.

E.P. – Comment appréhendez-vous cette ordination ? Comme la fin d’un parcours de discernement ? Comme le début de votre vie de prêtre, un peu des deux ? 

P. P. – Plutôt sereinement, je ne suis pas impatient. Il s’agit de vivre le plus possible l’instant présent et d’en tirer profit. Les engagements ont été pris lors de l’ordination diaconale, le discernement était alors terminé. Je me trouve donc à la fin d’un processus de formation initiale, intellectuelle, pastorale, humaine ; la formation continuera après l’ordination. Je souhaite simplement m’immerger totalement en paroisse, y vivre tous ses aspects. L’ordination n’est pas un aboutissement mais le début d’une nouvelle aventure !

E.P. – Les vocations, presbytérales ou religieuses, se font rares aujourd’hui. Que diriez-vous à un jeune qui vous dirait se sentir être appelé ?

P. P. – Les vocations se font rares et encore plus dans les diocèses ruraux. Les jeunes sont attirés par les communautés. Ils y trouvent sûrement des repères rassurants. Pourtant, les défis à venir qui se présentent aux diocèses constituent sans nul doute une belle aventure. Je vis pleinement en 2018 sans nostalgie de ce qui se faisait auparavant. Je ne l’ai pas connu, je ne suis donc pas entravé par le « c’était mieux avant ». C’est toujours la même Église, celle du Christ ! Il sera donc présent auprès de nous tous si nous acceptons qu’Il nous montre le chemin. Développons tous ses projets dans la prière.
Je ne sais pas si je peux donner des conseils aux jeunes, peut-être un, se laisser interroger et ne pas cheminer avec ses certitudes.

E.P. – Que peut-on vous souhaiter pour le futur ?

P. P. – Susciter beaucoup de rencontres avec le Christ ! Être chrétien, c’est la rencontre avec une Personne, avec un Événement qui ouvre de nouveaux horizons dans la vie. C’est la définition du Pape Benoît XVI. Tant de personnes n’ont pas fait cette rencontre ! Savoir aller les chercher là où elles vivent, les accueillir et leur transmettre la joie d’appartenir à cette grande communauté des chrétiens, à l’Église. Un tel sentiment d’appartenance ne peut qu’inviter à la rencontre avec le Christ et mettre les personnes en route, à sa suite. C’est un défi pour moi futur prêtre, mais aussi pour tous les baptisés. Il faut savoir accueillir, dans nos maisons, nos églises, nos communautés…
Souhaitez-moi d’être heureux et de rendre les autres heureux.

Article publié dans le numéro du mois de mai d’Église en Périgord, le magazine du diocèse de Périgueux et Sarlat

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