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Homélie du 26 avril 2020 :
« Progresser dans la connaissance de Jésus Christ Ressuscité avec l’apôtre Pierre et les deux disciples… »

La parole de Dieu nous offre de beaux récits : celui avec Pierre, l’apôtre et celui dit des disciples d’Emmaüs. On dirait qu’ils ont été choisis pour nous aujourd’hui, dans notre situation de confinement : récits de la parole de Dieu en temps d’épreuve.

Regardons Pierre, dans la première lecture, au jour de la Pentecôtes prendre la parole avec assurance devant les juifs et les habitants de Jérusalem. C’est impressionnant de le voir ainsi ! Quel chemin parcouru depuis le lac, la mer de Galilée où il était ce pécheur avec ses filets et sa barque. La rudesse de son métier, vécue dans le cadre d’une période de crise avec la présence des Romains dont les taxes supplémentaires grevaient encore davantage ses faibles revenus, lui avait forgé une personnalité. Il était connu au bord du lac avec son fort tempérament, un peu frustre et rude. Il le fallait pour s’en sortir à ce moment-là. Qui aurait pu imaginer cet homme répondre positivement à l’appel de Jésus et le suivre. Rien, apparemment ne le destinait à cela. De l’extérieur, c’est incompréhensible ! Mais de l’intérieur Il a été saisi, touché par la présence et la parole de Jésus. Et par un acte de foi, c’est-à-dire de confiance en Jésus et de liberté personnelle, il l’a suivi pour vivre en sa présence. Et sa vie a changé. Au prix de combats intérieurs, sa vie s’est transformée au fil du temps.

Quel chemin, chers frères et sœurs, accompli par Pierre. Nous pouvons nous identifier à lui chacun à note manière. Ce chemin, qui l’a poussé jusqu’à ce jour de la Pentecôtes où il proclame avec assurance la Parole de Dieu, l’a fait passé par bien des aventures avec des hauts et des bas, des moments d’enthousiasme et d’épreuves, de déceptions. Cela nous enseigne que l’Esprit Saint révélé et reçu du Christ Ressuscité, œuvre dans l’histoire de notre humanité. Comme il a œuvré dans  l’histoire de Pierre, il œuvre dans nos histoires à chacun de nous. Il nous fait toujours aller de l’avant car rien ne peut l’arrêter.

Aucune situation éprouvante, aucun obstacle, pas même les murs d’une prison, que Pierre connaitra, ne peuvent arrêter la puissance de Vie qui est en Jésus Christ. C’est une certitude. Nous ne sommes pas emprisonnés ni par ces règles nécessaires qui nous sont imposées au nom de la sécurité de tous, ni par les murs de notre maison… Nous sommes libres de cette liberté que nous donne le Christ, et ainsi, discerner ses appels et accueillir ce que suscite en son Eglise son Esprit Saint. Déjà dans les débuts de l’Eglise alors que les premiers chrétiens sont persécutés et dispersés, ceux-ci loin de se résigner et de s’enfermer en profitent pour annoncer la Bonne Nouvelle là où elle n’était pas encore parvenue. (Ac 11, 19) ;

Puis un mot sur l’évangile avec les deux disciples d’Emmaüs, qui confirme tout cela. Pour ces deux hommes, le scandale c’est la croix, comprise comme un échec absolu. Alors Ils tournent le dos à Jérusalem et à leurs amis qui avaient suivi Jésus. Même en nos vies, c’est ce que peut produire l’échec, la déception, la révolte… Et pourtant, chers amis, écoutons bien ce que nous dit l’évangile dans ces moment-là : Le Christ Ressuscité vient. Il vient. Il prend l’initiative de venir, de les rejoindre, en traversant leurs déceptions, leur lassitude, leur révolte. Il les rejoint. De  la même manière, Il nous rejoint là dans la situation où nous sommes aujourd’hui. C’est Lui qui fait le premier pas, sans s’imposer…

Le Christ n’est pas centré sur lui mais sur nous pour nous sortir de nos enfermements et de nos inquiétudes. « Jésus s’étant approché faisait route avec eux, cheminait avec eux ».  Il commence par écouter leur désarroi, leur tristesse, leur incompréhension, il les écoute dire eux-mêmes leur souffrance et leur formidable illusion sur Dieu et sa soi-disant victoire. Ils espéraient, ils imaginaient un messie, un Christ triomphant « Nous espérions, nous, qu’il était celui qui allait délivrer Israël » comme on pourrait l’imaginer encore aujourd’hui. Pour intervenir par la force. Mais tout va basculer dans leur vie lorsqu’ils comprennent que le Christ a choisi de mourir sur la croix par amour pour eux, que l’amour en LUI a eu le dernier mot sur tout, même sur la mort. Alors la présence du Christ, qu’ils reconnaissent dans le partage du pain, devient une présence brûlante en eux. Ils comprennent l’écriture et leurs yeux s’ouvrent.

De la même manière la puissance de la résurrection du Christ à Pâques œuvre en nous aujourd’hui : par l’évangile, la parole de Dieu Il nous ouvre à son eucharistie. Là, le Christ nous prend avec Lui pour nous transformer en Lui, personnellement et communautairement. Nous ne pourrons pas en être privés longtemps de cette manière dans les conditions du confinement. Nous y veillerons dans un esprit de détermination et de paix, de liberté que nous donne le Christ.

Mais en attendant, nous allons donc continuer à réfléchir et à prier pour qu’en nous, non seulement la flamme ne s’éteigne pas, mais que nous puissions vivre du Christ et en témoigner. Relisons le livre des Actes des Apôtres, il est plein d’enseignement dans ces temps que nous vivons. Il nous invite à l’audace des premiers jours. Soyons dans la joie, frères et sœurs, ne nous laissons pas voler l’Espérance. Christ est vivant et son Esprit est à l’œuvre. Nous n’avons donc rien à craindre. Amen !

+ Philippe Mousset,
évêque de Périgueux et Sarla
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