Nous le savons, l’élection présidentielle revêt un enjeu très important. Elle mérite que nous l’abordions avec raison et en pleine conscience pour voter. Dans cette effervescence, cet engouement inévitable que suscite cette élection, le catholique que je suis ne peut mettre l’Évangile dans sa poche avec un mouchoir par-dessus. Bien au contraire !

Dans l’Évangile, justement, l’opposition principale se trouve entre l’ouverture et la fermeture. Dans ce temps pascal suite à la résurrection du Christ, le message essentiel qui émerge est bien celui de ne pas se laisser tenter par la peur et le repli sur soi. L’invitation va du côté de l’ouverture et de la sortie de soi pour témoigner de la Bonne Nouvelle, mais aussi pour participer, avec d’autres, à faire advenir un monde meilleur, à travailler au « bien commun », à notre « maison commune ». Cette dynamique habite toute la Bible et d’une manière particulière les évangiles. Le respect de la vie, de la dignité de toute personne, des plus pauvres, de l’étranger sont au centre et au cœur de l’évangile.

Je suis témoin dans les visites pastorales et mes déplacements divers dans les communautés, combien cet élan est bien présent, comment ne pas s’en réjouir ! Qu’il puisse grandir, cet élan, et nous guider dans nos choix de société, en lien avec les autres sociétés ou pays, et non en repli sur elles ou sur eux. C’est la dimension universelle de l’Évangile qui s’adresse à toute l’humanité, pour une humanité réconciliée, recherchant sans cesse la paix et l’unité pour un monde meilleur. Le vote est une expression de notre choix réfléchi et raisonné à la lumière de l’évangile.

Je vous invite à lire et relire les déclarations de la Conférence des Evêques de France : celles de juin (“2017, année électorale : quelques éléments de réflexion“) et d’octobre 2016(“Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique“). L’Eglise y  rappelle son rôle et redit des fondamentaux. Elle a donné des repères clairs, quand on prend le temps de les lire, pour nourrir la réflexion et éclairer la conscience sur des thématiques essentielles : l’éducation, l’Europe, la paix, le « bien commun » et la « maison commune », le dialogue, la famille, le respect de la vie, les migrants, une économie qui porte le souci de l’homme et de l’environnement, etc.

Voilà quelques réflexions que je souhaitais vous partager face aux défis immenses qui sont devant nous. Je souhaite aussi que le débat se situe au niveau des idées et dans le respect des personnes.

+ Philippe Mousset, Evêque de Périgueux et Sarlat

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