A l’occasion de la Toussaint et de la commémoration des défunts, Josette Cassagnol, déléguée adjointe du service diocésain de pastorale liturgique et sacramentelle depuis  5 ans, explique la mission des équipes d’accompagnement des familles en deuil. 

Courrier Français : Quelle est la mission des équipes de pastorale des funérailles ?

Josette Cassagnol : « Les équipes de pastorale des funérailles remplissent une belle mission confiée à des laïcs par l’Evêque. Celui-ci  leur délivre une « lettre de Mission », sur proposition  du Curé de leur paroisse, pour une durée de trois ans et pouvant être  renouvelable.

Ces hommes et ces femmes sont envoyés par l’Eglise auprès des familles qui viennent de perdre un être cher. Ils témoignent par leur présence, que l’Eglise manifeste son humanité et sa compassion auprès de ceux qui sont éprouvés par un deuil.

Tout d’abord, ils rencontrent les familles en deuil, au nom de la communauté chrétienne. Si la rencontre est confiée aux laïcs, ils l’assureront toujours à 2.  Si elle est effectuée par  un ministre ordonné (Prêtre ou Diacre), de plus en plus souvent,  il est  accompagné par un  laïc membre de l’équipe.

Accueillir les personnes, les écouter, les accompagner, et préparer avec elles la célébration des obsèques, les guider, sont les éléments importants à prendre en compte lors de ce 1er contact..

Ensuite,   il s’agira de préparer en équipe le déroulement de la célébration qui aura lieu avec ou sans le Prêtre…Parfois, il faudra prévoir de conduire la célébration en l’absence de ministre ordonné.. Dans ce cas, au moins deux laïcs de l’équipe assureront cette célébration.

Il faudra prévoir aussi l’accompagnement et la  Prière au cimetière…

La mission d’accompagner les familles en deuil ne s’achève pas avec la célébration des obsèques. Des équipes  recherchent comment garder un contact fraternel avec ces personnes rencontrées… »

C. F. : Accompagner des familles en deuil nécessite-t-il une formation ?

J. C. : »La formation est plus que nécessaire, elle est capitale. Etre en relation avec des personnes qui ont perdu un être cher, cela demande une réflexion au préalable sur la mort dans la société, le sens chrétien de la mort, l’espérance chrétienne…  Le rituel des funérailles  est très riche… Tous les signes,  les symboles, les paroles sont riches de sens.. Il s’agit d’apprendre  à les décrypter,  approfondir et comprendre les différentes étapes de la Célébration, la Parole de Dieu et les prières, et puis l’écoute, la relation avec les personnes, nos paroles, les étapes du deuil, les émotions…  Tout cela se travaille et c’est ce qui est prévu dans la formation diocésaine que nous apportons aux équipes.

En général, lors de ces formations, effectuées dans les paroisses qui nous font appel,  nous commençons toujours par un partage des questions et des remarques à propos des  situations vécues par l’équipe concernée. Nous travaillons bien évidemment, en étroite collaboration avec les prêtres.

La formation diocésaine  a commencé dans le diocèse depuis plus de 10 ans  et s’est développée ces dernières années ; près de  400 personnes se sont formées et parmi celles-ci, quelques équipes suivent  actuellement la formation initiale et d’autres  demandent des apports complémentaires. Sur 28 paroisses, 24 d’entre-elles ont des équipes d’accompagnement des familles en deuil. C’est bien, mais il faut penser à  étoffer les  équipes et parfois même à les renouveler… « On embauche ! » »

C. F. : Quels retours avez-vous de la part de ces familles ?

J. C. : « Les laïcs des équipes de pastorale des funérailles participent fréquemment aux  rencontres des familles et aux célébrations des obsèques présidées par un prêtre. En moyenne, 1/3 des célébrations  sont conduites par des laïcs, sans  présence d’un ministre ordonné (prêtre ou diacre). Bien souvent les familles découvrent cette réalité, et elles sont informées dans le cas où il n’y aura pas de prêtre pour  présider la célébration. Le plus souvent,  il n’y a pas de réaction d’opposition à cet état de fait  et les laïcs sont en général  très bien accueillis.

Ce qui frappe les familles,  c’est de constater que des  personnes « comme elles »,  prennent du temps bénévolement pour les rencontrer, les aider, les soutenir dans ces moments douloureux. Notre accueil et notre présence les touchent énormément. Nous donnons une image nouvelle de l’Eglise !  »

C. F. : Avez-vous un rôle particulier lors du WE de la Toussaint ?

J. C. : « Les équipes de Pastorale des funérailles et d’accompagnement des familles en deuil participent dans certaines paroisses à la préparation et à l’animation des temps de prières organisés dans les cimetières le jour de la Toussaint.

Elles sont aussi sollicitées, avec les équipes liturgiques,  pour la préparation de la célébration de la commémoration des défunts le 2 novembre.  Les paroisses invitent de plus en plus  les familles des défunts de l’année, à participer à cette Célébration où il est fait mémoire des personnes décédées.

N’oublions pas que la fête de la Toussaint est bien le jour de la fête des Vivants, la fête de tous les Saints, jour de joie, alors que le  2 novembre, l’Eglise nous invite à prier pour les défunts : vivants et morts communient dans l’espérance de la Vie éternelle. »

Article écrit par Emma Lassort,
publié dans Courrier Français, le 26 octobre 2012.

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