Constat :

Les églises se remplissent et les cimetières sont massivement visités.

Des messages et des questions surgissent à ce moment-là vers l’Eglise. C’est le temps des remerciements pour avoir été présents à ces moments importants, pour les avoir accueillis et accompagnés pendant les offices, pour notre sollicitude vis-à-vis de ceux et celles qui sont morts dans l’espoir de la Résurrection, dans l’espoir de les savoir toujours vivants.

La Toussaint, en fait, c’est la fête de tous les saints, ceux qui sont connus mais aussi la foule immense de ceux qui ne sont pas connus. Une solennité qui nous met devant tous ceux qui sont là-haut. D’ailleurs on y proclame les béatitudes, le seul passage de la bible où est décliné 9 à 10 fois le mot « heureux ». Nous croyons en effet, que l’Amour de Dieu, fondateur de l’humanité, qui s’adresse et s’offre à chacun, n’a pas de fin. Et les liens que nous tissons sont appelés à perdurer au-delà de la séparation radicale de la mort.

La Toussaint, un chemin de sainteté offert à tous.

La fête de la Toussaint nous ouvre à cette réalité que la sainteté n’est pas réservée à quelques-uns mais qu’elle concerne une foule immense. Nous sommes précédés par une foule de compagnons, de frères et de sœurs qui marchent en avant de nous. Ils ne sculptent pas d’abord un modèle auquel il faudrait correspondre, mais ils tracent un chemin de sainteté, des chemins de sainteté. Ils montrent ce que Dieu peut réaliser dans notre humanité avec ses pauvretés et ses fragilités à partir d’hommes et de femmes comme nous.

Même dans l’évangile, les apôtres ne sont pas des saints au départ de leur itinéraire avec Jésus. Ils n’ont pas toujours été glorieux dans leurs comportements : l’un l’a trahi et va expérimenter le pardon et la miséricorde. C’est à partir de là, seulement, qu’il va devenir l’apôtre libre et confiant, véritable témoin qui découvre un chemin de sainteté à la suite de Jésus. Et les autres ? Ils ont disparu au moment crucial. Ils vont faire la même expérience. On pourrait aussi évoquer « l’homme perdu de Gerasa » en Marc 5, 2-6. Cet homme perdu vit dans les tombes et personne ne pouvait le maîtriser. Jésus s’approche et, dans un enchaînement de faits, cet homme va voir en lui les forces de mort violentes reculer et même disparaître. Il veut suivre Jésus, le choisir comme chemin de vie. On pourrait regarder également le Bon Larron, ce prisonnier de droit commun à côté de Jésus sur la croix qui se tourne vers lui et voyant qu’il est innocent de tout mal, prie ainsi : « Jésus, souviens-toi de moi, lorsque tu viendras avec ton royaume ». Et Jésus de lui répondre : « En vérité je te le dis, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis ».

En cette fête de la Toussaint, il est bon de rappeler qu’aux yeux de la foi, il n’y a pas de vie définitivement ratée, perdue, détruite au point qu’elle ne puisse aboutir à sa plénitude, à la sainteté. Bonne fête de la Toussaint à tous.

+ Philippe Mousset
Évêque de Périgueux et Sarlat

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