Notre monde mondialisé  et ses grands médias tam- bourinent à nos oreilles les ratés de notre monde, ses conflits, sa crise permanente, ses peurs de l’autre et du lendemain. Quand nous regardons notre monde occi- dental désabusé et ses reflets dans l’actualité du petit écran, nous pourrions être tentés par un certain pessi- misme. Où va notre monde ? Que va devenir l’humanité ? Dieu peut-il échouer ?

Dans le cortège des mauvaises nouvelles, des égoïsmes qui se durcissent face au partage nécessaire, la fête de Toussaint vient éclairer cet automne malade d’un jour nouveau. Cette fête dessine pour nous un chemin d’espé- rance et offre à tous une promesse de bonheur durable.

La fête de Toussaint nous chante que Dieu ne peut que réussir ! Elle nous redit que nous sommes tous appelés à la sainteté et au bonheur.

Mais, qui ose dire aujourd’hui qu’il est heureux ?

Pour retrouver ce goût simple du bonheur partagé, il suffit de regarder les saints, ces hommes et ces femmes très différents qui ont suivi avec confiance le chemin tracé par le Christ. Ils ont vécu et marché à la lumière de la foi non pas dans une croyance peureuse mais avec la conviction qu’ils étaient dans la main de Dieu. Ils se savaient pécheurs mais surtout aimés et pardonnés. Les saints furent des hommes et des femmes ‘en marche’ guidés par la force de l’Esprit. Ils ont dû vivre souvent à contre courant des idées reçues et des excès de leur époque. Vivre les béatitudes ne va pas de soi ni hier, ni aujourd’hui :

Etre pauvre de cœur dans un monde qui glorifie le pouvoir et l’avoir. Etre doux dans un monde violent et qui s’impose par la force.

Avoir un cœur pur au milieu des magouilles et des idoles régnantes de l’heure. Faire la paix au milieu des guerres ou des actes terroristes aveugles.

Oui, les saints furent des gens ‘en marche’, des personnes qui avaient l’Evangile chevillé au cœur et aux entrailles. Des êtres pétris de courage, capables d’affirmer à temps à contre temps ce qui les faisait vivre.

Nous tous, appelés à la sainteté, ayons le courage clair et tranquille de faire en- tendre notre différence évangélique dans ce monde éclaté en quête de sens aussi bien sur le respect de la vie que dans les débats qui orientent l’avenir de notre société.

Puissions-nous être comme tous les saints des témoins joyeux de la tendresse de Dieu pour cette humanité. L’accueil sans réserve de l’amour de Dieu dans leurs vies a ouvert nos amis les saints vers les autres sans jugement et sans condam- nation. Pour eux le pécheur est encore plus victime que coupable. A l’occasion de cette fête de la Toussaint n’ayons pas peur de fréquenter nos amis les saints car leur regard transfigure et leur bonheur est contagieux. Puissions-nous, à leur suite, accueillir joyeusement le don gratuit de Dieu et nous découvrirons qu’en pre- nant le chemin de la fraternité nous pourrons nous aussi oser la sainteté !

 

Abbé Christian Dutreuilh
Vicaire épiscopal de l’Ensemble pastoral du Bergeraçois
Eglise en Périgord N°20 – 27 octobre 2012 

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