En ouvrant la Bible nous trouvons cet avertissement qui nous vient du fond des âges, de la part des vieux sages : « Souviens-toi du Jour du Sabbat pour te sanctifier. Pendant six jours, tu travailleras et tu feras tout ton ouvrage, mais le septième jour est un jour pour ton Dieu. Tu n’y feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni tes bêtes, ni l’étranger qui réside chez toi… » De plus, à ce repos hebdomadaire, les légistes ajoutaient une année sabbatique (un an de vacances) tous les sept ans. Ce qui nous fait comprendre que l’homme doit savoir s’arrêter, prendre un repos salutaire, ce qui lui permet de reconnaître ses limites et sa dépendance, car l’homme n’est pas le maître absolu de la vie.

Nous sommes héritiers de la tradition biblique. Nous savons que les Juifs célèbrent chaque vendredi soir, au coucher du soleil, l’ouverture du sabbat. C’est un jour de fête, et, au cours des âges, les rabbins se sont attachés à limiter les activités permises durant le sabbat, c’est un jour de prière, c’est aussi un jour de la famille, de l’amitié et du repos. L’homme doit laisser ses préoccupations et ses soucis pour se confier au Seigneur et vivre pleinement le moment présent en pleine liberté. Chez les Chrétiens, le dimanche a pris le relais du sabbat en souvenir du matin de Pâques, de la Résurrection du Christ. Nous voyons bien que nos dimanches n’ont pas repris les dimensions du sabbat telles que Jésus les a vécues. Avec le Concile Vatican II, l’Eglise a donné une place importante à la Parole de Dieu. Il ne s’agit pas simplement d’entendre la Parole de Dieu mais de la comprendre, de s’en imprégner, de s’en nourrir pour qu’elle donne sens à notre vie. Mettre l’évangile au cœur de notre vie afin qu’il éclaire et guide nos paroles et nos actes. Ainsi, le dimanche, premier jour de la semaine, donne aux chrétiens l’élan nécessaire pour mettre en œuvre, au cours de la semaine, une Parole priée, méditée et célébrée ensemble.

Seulement, il est facile de le constater, le repos du dimanche connaît bien des turbulences dans notre monde qui se veut moderne, à la pointe du progrès. Notre société nous pousse à nous activer, à nous agiter, à zapper d’un programme sur un autre, ce qui est source d’insatisfaction, de fatigue et d’énervement. Cette frénésie d’activités est un véritable danger. En effet, certains y laissent leur santé, d’autres, l’harmonie de leur foyer ou font l’impasse sur l’éducation de leurs enfants. C’est comme un engrenage, un tourbillon qui nous emporte on ne sait où. Il est donc nécessaire de ponctuer ce rythme accéléré de la vie par des temps de repos afin de retrouver l’équilibre et la joie de vivre. L’homme n’est pas une machine. Il a en lui des aspirations et des convictions qui risquent d’être étouffées par un activisme débordant. Il est important que nous reconnaissions nos limites, nous ne pouvons pas tout faire et tout voir, il nous faut choisir. Le choix fait appel à notre responsabilité, à notre liberté, sachons en user et non en abuser, et nous ferons preuve de sagesse, d’équilibre et de sérénité. Nous avons besoin de cultiver en nous la gratuité dans une société où tout se vend et où tout se paie.

« Souviens-toi…. Le septième jour est un jour pour ton Dieu ! ».

Christian Belaud
Vicaire épiscopal pour le Périgord Vert
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